Archives pour thé à la menthe

Romance au Maroc / 2e partie

Le Geek —  21 janvier 2010 — 1 Commentaire

Les tribulations d’un geek au Maroc, deuxième partie donc.
Je suis toujours sous mon arbre, avec mon livre (13 jours), mon maillot ridicule et ma clope au bec (pour finir le tableau). Comme je suis quelqu’un d’observateur (si si, quand je suis au club med, j’observe. Sinon on fait quoi là bas ? On discute philo ? Nan. On mate.), je remarque qu’une gazelle (nous sommes au Maroc, je vous rappelle) me regarde aussi. Et sans rigoler. A vous parler franchement, Ma Romantique était en maillot de bain, tous ses atouts dehors. Je n’ai donc pas remarqué au premier coup d’oeil ses yeux, mais plutôt le reste. Ne me forcez pas à décrire.

Et cette image est resté gravée dans ma mémoire, en tout cas suffisamment pour que je pourchasse Miss Gazelle, sans en avoir l’air. C’est à dire :
Miss Gazelle fait du tir à l’arc : Le Geek fait aussi du tir à l’arc.
Miss Gazelle danse le soir : Le Geek danse comme il peut aux alentours (lascif, concentré, un peu bourré, ridicule).
Miss Gazelle va boire un coup sur la place Jamâa El Fna : Le Geek a soudain envie de faire AUSSI du tourisme.
Miss Gazelle a décidé de faire de l’aquagym : Le Geek somnole sous son arbre … faut pas pousser.

Vous aurez compris ma technique de drague hyper avancée : être suffisamment là pour que ma Romantique commence à penser qu’elle a une chance de ramener à la maison ce magnifique spécimen d’homo internetus (camouflé en magnifique touriste).

Et là, vous vous dites : « c’est pas possible, ce mec est trop con. Il est incapable de l’aborder ? C’est un club med : tout le monde drague tout le monde, et ça fornique partout dans les cases. » Nan que je vous réponds : c’est un club med familial, avec des tas d’enfants partout et des parents sages. Et puis de toute façon, la Romantique a un avantage : on voit bien qu’elle est romantique. Donc, l’attaque frontale est hors de question.

Est-ce que ça a marché ? Oui. Comment ? Vous le saurez quand je vous raconterai mes deux soirées finales. Qui ont été les plus belles.

Allez, zou, je retourne à Street Fighter IV !

Back in 2001

Le Geek —  15 janvier 2010 — 3 Conmmentaires

Nous sommes en Décembre 2001. La bulle internet commence à avoir mal. Mon Palm Pilot ™ est mort. Mon home cinéma crachote. Le poker en ligne est encore loin. J’ai déjà vu 50 fois Matrix et Fight Club. Mes projets web sont pourris. Bref, je m’emmerde à pleins tubes.

Décision prise avec F., mon Co worker (c’est comme ça qu’on appelle les collègues dans le monde hype de la com), d’aller faire un tour au club med des Champs Elysées.

Le monde normal ayant peur des avions (qui ont une fâcheuse tendance à ne pas atterrir) et le monde des geeks voyant l’occasion de toucher des vols en promo, sur des avions qui ont maintenant une forte probabilité de ne pas être détournés, nous nous sommes décidés à voyager loin : direction Maroc.

Nous payons chacun 2000 balles (300 euros pour les plus jeunes) pour un séjour à Marrakech tout compris, c’est la fête.

Dans ma valise : aucune technologie geekesque à l’horizon (tout est cassé, suivez un peu.) Par contre, j’emporte trois livres en cas d’ennui profond (c’est important pour la suite).

C’est l’occasion pour moi d’embarquer mes plus beaux vêtements : chaussures bateaux défoncées (hype il me semble), tee-shirts publicitaires, gel pour les cheveux, maillot de bain (acheté en 1990), et caleçons préférés (batman, spiderman et matrix).

Le voyage se déroule sans encombre, ni détournement :

F. m’explique les rudiments de l’arabe, car il a acheté le guide du routard à l’aéroport. Hop. Le casque audio de l’avion sur les oreilles.
F. commence à relire « Le seigneur des Anneaux ». Il essaye de m’enlever le casque audio pour me parler. Je résiste.
F. ouvre une cannette de jus de tomate en m’en envoyant sur le tee-shirt. Je gueule.

Tout va bien quoi.

Je ne vous décris pas l’arrivée au club med. Tout le monde a déjà vu les bronzés. Idem pour la soirée théâtre ou F. et moi, bourrés, chantons faux en play-back.

Je passe directement à mon premier séjour au bord de la piscine.
Il est tôt (14h30).
Je lis un livre.
F. drague une brune coriace.

C’est là qu’il faut suivre : je suis en maillot de bain, à l’ombre. Et je lis ‘treize jours’.

De loin, à l’abri d’un arbre, il est impossible de voir que je suis un mec infréquentable : mon bronzage montre que je crains l’oxygène et le soleil, mes bateaux fendues en deux sont une insulte au bon goût et mon livre cache mes dents de devant pas nettes.

Par contre, il semble émaner de mon ouvrage une phéromone destinée aux femmes romantiques.

Ce qui explique, en raccourcissant l’histoire quand même, que Anne soit revenue du Maroc avec moi, le geek de base, perdu dans un monde hostile. Qui ne comprend pas qu’on veuille lui parler, juste parce qu’il est le seul à lire un livre au club med.

Ceci dit, une fois habillé normalement, les dents réparées, l’haleine fraiche, et sans ordinateur sous les doigts, je suis super fréquentable.

Je vous raconterai un autre jour plus en détail comment j’ai réussi à emballer une romantique indécrottable. Pas facile pour moi, mais je ne suis pas peu fier d’être marié avec elle aujourd’hui.