Archives pour romantisme

Le mélange des genres est un style qui plait toujours. Ici, c’est d’autant plus vrai que l’on croise 3 films dans nos préférés :

Fight Club / Jane Austen (on a tous les personnages de Mademoiselle Austen) / Kill Bill (pour la musique finale).

800 000 vues et ça continue. C’est tout à fait mérité. A quand Pride and Matrix ?

Je m’ingénie à citer des auteurs, à élever mes considérations vers des sommets philosophiques, et mon diable de geek balance que je regarde « Moundir cherche une nana ».

Arg. Mon orgueil souffre.

Que faire ? Expier ? Nier ? Me taire ? Assumer crânement ? J’ai rapidement pris la décision la plus noble et la plus honnête : rejeter l’entière responsabilité sur ma copine Virginie. C’est elle, la coupable, la tentatrice, la semeuse de troubles. Texto, les yeux dans les yeux, elle m’a dit « voilà 2 semaines que je tombe sur l’émission avec le mec mal coiffé de Koh Lanta, et franchement, c’est débile à souhait ».

Donc, tout est la faute de Virginie. Et, un soir de zapping bovin, reconnaissant la dite émission, j’ai cédé aux sirènes de la télé poubelle. C’est assez fascinant, ce mélange de vulgarité, de narcissisme, de cruauté. Malgré les errements grammaticaux, les dictions incompréhensibles, les situations grossières, j’ai regardé toute l’émission.

Et soudain, j’ai eu une révélation. J’ai compris pourquoi les émissions françaises copiées-collées des concepts américains étaient ratées. Les émissions US assument leur vacuité, et l’enduisent d’un vernis clinquant, d’un gloss trop scintillant. Et le spectateur français est abusé par ce rêve américain qui perdure, et qui laisse accroire que tout est démesuré aux US. Les émissions de l’Hexagone, issues des mêmes imaginations mercantiles, n’assument pas l’exagération ronflante, et créent un univers toc et trivial. De plus, elles ne bénéficient pas de l’indulgence accordée à l’oncle Tom.

L’émission avec Moundir en est un exemple frappant. Le pauvre barbu est dépassé par ce rôle de séducteur que nul ne pourrait lui reconnaître sans la magie trompeuse des caméras. Il fait le coq à bras, lance des regards censément langoureux, construit des phrases comme des rébus. Mais parfois, un élan de pitié me poussait presque à lui dire de ne pas se fatiguer. Et surtout d’ALLER SE FAIRE COUPER LES CHEVEUX. Je m’égare. Ses acolytes féminines, certainement castées dans les travées d’un centre commercial en faillite, ne relèvent pas le niveau. N’évoquons pas le vocabulaire. Ce serait trop facile. Les tenues semblent sortir tout droit de « Sois vulgaire et crie-le ». Quant au maquillage, il devait y avoir une grande promotion sur le fond de teint et le fard à paupières. Le geek et moi soupçonnons, de plus, une concurrente d’être un homme et avons essayé de distinguer une éventuelle pomme d’Adam. Ce qui serait, avouons –le, un concept tout à fait intéressant.

Je n’ai pas regardé une autre émission de « Tournez Moundir »depuis.

Mais j’attends avec impatience « l’Amour est dans le pré ». Je suis faible.

Quand j’ai commencé à regarder l’émission ‘moundir et les meufs’ ou un truc dans le genre, c’était vraiment pour faire plaisir à ma Romantique. En effet, elle aime les émissions culturelles d’Arte, l’amour fleur bleue et la distinction masculine. Le principe de l’émission est simple : tu prends un faux people (Moundir), tu lui donnes en gérance une ferme avec des tas de filles dedans. Si possible bonnes. Mais des fois c’est pas possible, alors tu prends ce qui reste.
Bon. Ma romantique regardait cela, et moi, je cherchais vainement ma quinte flush royale (celle où tu peux miser ta voiture sur Direct 8 poker).
Quand cette phrase a surgi du néant télévisuel : « Ne voyez pas Moundir, l’homme de la télé, mais Moundir l’homme blessé que je suis. » Mes ambitions pokériennes se sont envolées et mon esprit a été entièrement capté par ce trou noir de l’intelligence.

Remettons les choses en situation : Moundir est entouré d’un troupeau de femelles distinguées à qui on a proposé le marché suivant : séduis le barbu par tous les moyens possibles et tu pourras choisir de vivre avec lui ou d’empocher 15 000 Euros. Mais franchement 15 000 Euros c’est bien.

Voilà. Quand il dit : « homme blessé », je pense qu’il parle de la tête. C’est pas possible. Cette phrase, désormais mythique à la maison, est une sorte de mashup infernal entre le père noël est une ordure et un roman à l’eau de rose pour adolescentes. Ce qui est remarquable, c’est qu’il est obligé en fin de phrase de signaler que l’homme blessé, c’est lui (« que je suis »). Bon ceci dit, vu le groupe de cerveaux qu’il a en face, il vaux mieux préciser les choses.

Donc, ma romantique et moi, on s’est lancés dans des discussions philosophiques du genre : pourquoi quand on lit Télérama et qu’on le dit, les gens ont une petite remarque du genre « ah bon ? » avec haussement de sourcils, du genre pourquoi tu t’infliges ça ? Et pourquoi quand on dit : j’ai regardé « Moundir à la ferme des vaches » hier, les gens répondent toujours : « ah ouais trop con, mais on a bien aimé aussi » ! On reviendra sur le sujet, parce que ma romantique et moi, on fait une sacrée paire d’intellectuels surpuissants du cerveau, que même on se demande pourquoi on perd notre jeunesse à glander alors qu’on devrait diriger le MIT.

Et moi, comme un demeuré, j’ai regardé l’émission jusqu’au bout, avec ma romantique. Elle m’a encore piégé. Et franchement, c’est bon. Surtout avec une ricoré bien chaude.`

Le porno pour Geek

Le Geek —  2 février 2010 — 1 Commentaire

J’ai décidé de faire remonter la position de ce blog sur google en insérant, de manière subtile, des mots clefs qui font mouche : cet article parlera donc de : porno, page intérieure de magazine, ipad, Steve Jobs, macos, associé, conversion dollars / euros, et enfin compagne romantique (même si le mot romantique risque de faire chuter mes stats sur Google).

Parlons clairement : le Geek aime le porno. Le soir, il savoure une page intérieure de magazine avec délectation, tout en déclarant à sa romantique de femme : franchement, elle est pas jolie cette petite tablette ?
Oui, le porno pour Geek a été inventé par Steve Jobs : l’iphone en a été le plus bel exemple. J’ai déclaré pendant longtemps : « franchement, l’Iphone, j’en achèterai jamais. Il sert à que dalle. Moi, je garde mon vieux Nokia pourri, de toute façon, un téléphone, ça sert à téléphoner. Point barre. ».
Depuis que j’ai cédé aux sirènes du marketing, qui m’abreuvaient d’images du sublime objet (ses courbes, sa fragilité, sa couleur de peau, ses petits gadgets, son sens du tactile …), je n’ai qu’une chose à dire à propos de mon « précieux »: si vous m’enlevez mon Iphone, je me jette d’une falaise.

Et je pensais naïvement qu’une fois l’Iphone acheté, mon désir serait satisfait. Nan. Maintenant, je crache sur l’Ipad. Et je le critique vertement : « c’est de la merde, ça sert à rien. Et puis c’est quoi ce format ? Et pis, il fonctionne pas sur MacOs. J’en achèterai jamais. »

Je sais bien comment ça va finir.Et quand on sait qu’Apple a une fâcheuse tendance à confondre Dollars et Euros, ça va encore coûter un max. Et comme je suis associé à un geek, qui va acheter l’Ipad juste pour me faire râler, je vais devoir assouvir mes pulsions encore plus vite que la dernière fois.

Bref, l’analogie entre porno et matos Apple est pourrie, j’en conviens, mais si avec ça, j’ai pas des tas de commentaires et des clics en provenance de Google, et ben la prochaine fois, je cause de Microsoft et ses souris aux formes généreuses. Vous êtes prévenus.

Allez, encore un peu : porno, porno, courbes, bisous partout, Ipad.

Romance au Maroc / 2e partie

Le Geek —  21 janvier 2010 — 1 Commentaire

Les tribulations d’un geek au Maroc, deuxième partie donc.
Je suis toujours sous mon arbre, avec mon livre (13 jours), mon maillot ridicule et ma clope au bec (pour finir le tableau). Comme je suis quelqu’un d’observateur (si si, quand je suis au club med, j’observe. Sinon on fait quoi là bas ? On discute philo ? Nan. On mate.), je remarque qu’une gazelle (nous sommes au Maroc, je vous rappelle) me regarde aussi. Et sans rigoler. A vous parler franchement, Ma Romantique était en maillot de bain, tous ses atouts dehors. Je n’ai donc pas remarqué au premier coup d’oeil ses yeux, mais plutôt le reste. Ne me forcez pas à décrire.

Et cette image est resté gravée dans ma mémoire, en tout cas suffisamment pour que je pourchasse Miss Gazelle, sans en avoir l’air. C’est à dire :
Miss Gazelle fait du tir à l’arc : Le Geek fait aussi du tir à l’arc.
Miss Gazelle danse le soir : Le Geek danse comme il peut aux alentours (lascif, concentré, un peu bourré, ridicule).
Miss Gazelle va boire un coup sur la place Jamâa El Fna : Le Geek a soudain envie de faire AUSSI du tourisme.
Miss Gazelle a décidé de faire de l’aquagym : Le Geek somnole sous son arbre … faut pas pousser.

Vous aurez compris ma technique de drague hyper avancée : être suffisamment là pour que ma Romantique commence à penser qu’elle a une chance de ramener à la maison ce magnifique spécimen d’homo internetus (camouflé en magnifique touriste).

Et là, vous vous dites : « c’est pas possible, ce mec est trop con. Il est incapable de l’aborder ? C’est un club med : tout le monde drague tout le monde, et ça fornique partout dans les cases. » Nan que je vous réponds : c’est un club med familial, avec des tas d’enfants partout et des parents sages. Et puis de toute façon, la Romantique a un avantage : on voit bien qu’elle est romantique. Donc, l’attaque frontale est hors de question.

Est-ce que ça a marché ? Oui. Comment ? Vous le saurez quand je vous raconterai mes deux soirées finales. Qui ont été les plus belles.

Allez, zou, je retourne à Street Fighter IV !

Back in 2001

Le Geek —  15 janvier 2010 — 3 Conmmentaires

Nous sommes en Décembre 2001. La bulle internet commence à avoir mal. Mon Palm Pilot ™ est mort. Mon home cinéma crachote. Le poker en ligne est encore loin. J’ai déjà vu 50 fois Matrix et Fight Club. Mes projets web sont pourris. Bref, je m’emmerde à pleins tubes.

Décision prise avec F., mon Co worker (c’est comme ça qu’on appelle les collègues dans le monde hype de la com), d’aller faire un tour au club med des Champs Elysées.

Le monde normal ayant peur des avions (qui ont une fâcheuse tendance à ne pas atterrir) et le monde des geeks voyant l’occasion de toucher des vols en promo, sur des avions qui ont maintenant une forte probabilité de ne pas être détournés, nous nous sommes décidés à voyager loin : direction Maroc.

Nous payons chacun 2000 balles (300 euros pour les plus jeunes) pour un séjour à Marrakech tout compris, c’est la fête.

Dans ma valise : aucune technologie geekesque à l’horizon (tout est cassé, suivez un peu.) Par contre, j’emporte trois livres en cas d’ennui profond (c’est important pour la suite).

C’est l’occasion pour moi d’embarquer mes plus beaux vêtements : chaussures bateaux défoncées (hype il me semble), tee-shirts publicitaires, gel pour les cheveux, maillot de bain (acheté en 1990), et caleçons préférés (batman, spiderman et matrix).

Le voyage se déroule sans encombre, ni détournement :

F. m’explique les rudiments de l’arabe, car il a acheté le guide du routard à l’aéroport. Hop. Le casque audio de l’avion sur les oreilles.
F. commence à relire « Le seigneur des Anneaux ». Il essaye de m’enlever le casque audio pour me parler. Je résiste.
F. ouvre une cannette de jus de tomate en m’en envoyant sur le tee-shirt. Je gueule.

Tout va bien quoi.

Je ne vous décris pas l’arrivée au club med. Tout le monde a déjà vu les bronzés. Idem pour la soirée théâtre ou F. et moi, bourrés, chantons faux en play-back.

Je passe directement à mon premier séjour au bord de la piscine.
Il est tôt (14h30).
Je lis un livre.
F. drague une brune coriace.

C’est là qu’il faut suivre : je suis en maillot de bain, à l’ombre. Et je lis ‘treize jours’.

De loin, à l’abri d’un arbre, il est impossible de voir que je suis un mec infréquentable : mon bronzage montre que je crains l’oxygène et le soleil, mes bateaux fendues en deux sont une insulte au bon goût et mon livre cache mes dents de devant pas nettes.

Par contre, il semble émaner de mon ouvrage une phéromone destinée aux femmes romantiques.

Ce qui explique, en raccourcissant l’histoire quand même, que Anne soit revenue du Maroc avec moi, le geek de base, perdu dans un monde hostile. Qui ne comprend pas qu’on veuille lui parler, juste parce qu’il est le seul à lire un livre au club med.

Ceci dit, une fois habillé normalement, les dents réparées, l’haleine fraiche, et sans ordinateur sous les doigts, je suis super fréquentable.

Je vous raconterai un autre jour plus en détail comment j’ai réussi à emballer une romantique indécrottable. Pas facile pour moi, mais je ne suis pas peu fier d’être marié avec elle aujourd’hui.