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Quand j’ai commencé à regarder l’émission ‘moundir et les meufs’ ou un truc dans le genre, c’était vraiment pour faire plaisir à ma Romantique. En effet, elle aime les émissions culturelles d’Arte, l’amour fleur bleue et la distinction masculine. Le principe de l’émission est simple : tu prends un faux people (Moundir), tu lui donnes en gérance une ferme avec des tas de filles dedans. Si possible bonnes. Mais des fois c’est pas possible, alors tu prends ce qui reste.
Bon. Ma romantique regardait cela, et moi, je cherchais vainement ma quinte flush royale (celle où tu peux miser ta voiture sur Direct 8 poker).
Quand cette phrase a surgi du néant télévisuel : « Ne voyez pas Moundir, l’homme de la télé, mais Moundir l’homme blessé que je suis. » Mes ambitions pokériennes se sont envolées et mon esprit a été entièrement capté par ce trou noir de l’intelligence.

Remettons les choses en situation : Moundir est entouré d’un troupeau de femelles distinguées à qui on a proposé le marché suivant : séduis le barbu par tous les moyens possibles et tu pourras choisir de vivre avec lui ou d’empocher 15 000 Euros. Mais franchement 15 000 Euros c’est bien.

Voilà. Quand il dit : « homme blessé », je pense qu’il parle de la tête. C’est pas possible. Cette phrase, désormais mythique à la maison, est une sorte de mashup infernal entre le père noël est une ordure et un roman à l’eau de rose pour adolescentes. Ce qui est remarquable, c’est qu’il est obligé en fin de phrase de signaler que l’homme blessé, c’est lui (« que je suis »). Bon ceci dit, vu le groupe de cerveaux qu’il a en face, il vaux mieux préciser les choses.

Donc, ma romantique et moi, on s’est lancés dans des discussions philosophiques du genre : pourquoi quand on lit Télérama et qu’on le dit, les gens ont une petite remarque du genre « ah bon ? » avec haussement de sourcils, du genre pourquoi tu t’infliges ça ? Et pourquoi quand on dit : j’ai regardé « Moundir à la ferme des vaches » hier, les gens répondent toujours : « ah ouais trop con, mais on a bien aimé aussi » ! On reviendra sur le sujet, parce que ma romantique et moi, on fait une sacrée paire d’intellectuels surpuissants du cerveau, que même on se demande pourquoi on perd notre jeunesse à glander alors qu’on devrait diriger le MIT.

Et moi, comme un demeuré, j’ai regardé l’émission jusqu’au bout, avec ma romantique. Elle m’a encore piégé. Et franchement, c’est bon. Surtout avec une ricoré bien chaude.`