Sea, sueur et RTM

La Romantique —  10 août 2010 — 1 Commentaire

En été (cette période marseillaise qui court d’avril à octobre) le métro a une fonctionnalité autre que le transport des travailleurs. Il offre une magnifique séance de sauna.

Abattu par la chaleur, le passager primo arrivant, un touriste par exemple, patiente en toute innocence sur le quai. Il essaie de bouger le moins possible. Un courant d’air chaud, et la rame arrive sur le quai, tel un éclair marron et orange (tant que l’on n’a pas vu cette apparition d’un autre temps, la métaphore est moins savoureuse). Les portes s’ouvrent, et l’air brulant de la rame s’écoule sur le quai. Finalement, le passager hésite, dilemme cornélien entre la chaleur du quai, et la moiteur de la rame. Puis, avec bravoure, il s’embarque pour un long trajet, plein de larmes de sueur.

moi aussi je lis dans le métro, mais je ne souris pas.

Les utilisateurs quotidiens, comme votre narratrice préférée, connaissent les dangers de cette jungle orange et adoptent des règles estivales de survie :

ne pas s’asseoir (afin d’éviter la sueur des autres, déposée en rosée puante sur les sièges en plastique),

se placer devant les portes (pour respirer à chaque arrêt),

pratiquer une inspiration ventrale (style « le grand bleu »)

Surtout, pour survivre au sauna marron, il faut allonger sa bulle de misanthropie et considérer chaque passager comme une boule puante en puissance. La méfiance est une règle de survie.

Tel un ninja de la propreté, il faut louvoyer entre les odeurs corporelles des pots pourris humains, éviter ceux qui rejettent systématique toute hygiène, retenir sa respiration à côté des opposants farouches aux subterfuges sociaux que sont le savon et le déodorant.

En plus de l’agression sensorielle, il faut également résister à la vision d’hommes bedonnants mais torses nus (pourquoi jamais de mannequins TETU?), au son d’accordéons centenaires (la chanson sur le plus beau de Saint Jean me colle immédiatement la migraine), et aux évanouissements intempestifs de touristes en pullovers.

La vie des pauvres n’est pas facile.

Et, en été, dans les rames du métro marseillais, c’est un combat. De tous les jours.

Une réponse à Sea, sueur et RTM

  1. bon je suis à la bourre dans mes lectures, mais je viens de me rendre compte qu’il faut qu on te rapporte TETU,ou tu as déjà le numéro spécial maillot été 2010?

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