Plus belle la ville

La Romantique —  25 mai 2010 — Laisser un commentaire

Afficher l'image en taille réelleAprès mon analyse (brillante) de la gouaille marseillaise, je vais vous livrer mes réflexions sur la ville elle même (attention, chef d’oeuvre).

Tout d’abord, comme dirait un politicien, il ne faut pas généraliser. Illusion d’un melting pot de populations venues de la mer et de la terre, Marseille est en fait une ville codifiée.

Chaque quartier a sa propre identité, créée par les populations qui le façonnent. Un marseillais est d’Endoume ou de Saint Henri. Avant tout. Puis l’argent achève l’édification des frontières invisibles. Au final, seule une touchante dévotion à la Bonne Mère unit les populations. Elle veille sur la ville.

Cette même hiérarchisation se retrouve dans les grandes artères du centre. Les rues de Rome, Saint Ferréol et Paradis sont parallèles : la rue de Rome est la plus populaire, avec ses petites boutiques à 5€, et son ambiance de souk ; la rue Saint Ferréol est la rue typique des centres villes modernes, c’est-à-dire une succession de grandes chaînes et de fast food, sans charme, et pourtant, c’est la seule piétonne ; la rue Paradis aligne les boutiques indépendantes et de luxe. Enfin, en haut de ces rues, le quartier du Prado affiche ses banques et ses immeubles bourgeois, comme au Monopoly, tandis qu’en bas, la Porte d’Aix trône sur un patchwork de boutiques minuscules, de snacks et  d’étals des vendeurs à la sauvette.

Succession de petits quartiers indépendants, Marseille me fait parfois penser à ce petit village de gaulois qui résiste encore et toujours. Car les Marseillais luttent contre tout : les lois, le civisme, la morosité, l’uniformisation, la propreté, la facilité, le politiquement correct, l’hypocrisie, la discrétion, la raison.

 Le geek baille devant ma pauvre analyse. Alors, hop, une anecdote :

Une après-midi de mars. Dans un bus sur le Prado. 2 ados discutent entre eux.

–          Vas-y, tu connais la clinique Machin ?

–          Ben non.

–          Mais tu es allé à la clinique pourtant ?

–          Ca veut pas dire que je connais toutes les cliniques du coin. Je ne suis pas « clinique man », moi.

J’en ris encore.

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