Les questions qui n’en sont pas

La Romantique —  27 janvier 2011 — 1 Commentaire

Les gens sont manipulateurs. Comment le sais-je? Approchez-vous que je révèle une des cruelles vérités qui maintient la société dans un équilibre relatif.

Certaines questions n’en sont pas. Elles ne demandent pas de réponse : elles la donnent !

  • Le « comment vas-tu? » du matin appartient à la catégorie « hypocrisie sociale ».

Il ne s’agit pas de prendre de vos nouvelles, mais d’éviter la conversation languissante sur le climat et le prix du pain.

La règle est de répondre « ça va, et toi? » et non, comme certains malotrus d’enchainer sur 1. « je suis épuisé(e)parce que tu sais … » 2. « j’ai pas le moralparce que tu ne sais pas mais… » (il est à noter que ce genre de personnes, vampirise l’énergie vitale d’autrui, et est donc à éviter formellement, surtout le matin)

  • Le « la réunion a été productive, non?  » appartient à la catégorie « hypocrisie professionnelle »

Une fois encore, l’honnêteté est à proscrire, surtout si la fausse question vient d’un supérieur. La mauvaise réponse type « certes, la réunion a été intéressante, mais j’ai été un peu gêné quand Roger s’est couché sur la table pour étrangler Bernard parce que son PowerPoint avait dépassé les 2h45 » est une grossière erreur et ne peut que vous exposer à de terribles représailles (organiser la prochaine réunion, ou revoir le PowerPoint de la mort)

  • Enfin, le « tu ne trouves pas que mes enfants ont été adorables pour Noel » appartient à la catégorie « hypocrisie familiale »

Cette fausse question est certainement la plus périlleuse. Votre amie/belle sœur ne souhaite PAS connaitre votre opinion, elle VEUT simplement que vous abondiez dans son sens.

Non seulement, il faut mentir (en passant outre le fait que son petit dernier ait vomi sur vos cadeaux tandis que l’aînée hurlait à la mort en régalant l’assemblée d’un caprice historique) mais il faut en rajouter et s’extasier sur la beauté/intelligence/gentillesse des chérubins.

Un manquement à cette règle codifiée (sourire, hochements de tête, et compliments) entraine un froid certain. La mère en question vous regarde comme si vous découpiez des chatons au fond de votre cave. Puis, les dents grinçantes, elle demande ce que vous entendez par « ils étaient excités quand même ». C’est le moment ultime où il faut renier fierté et franchise et reconnaitre que « ses enfants ont été adorables« . Si, trompé par la boisson ou un élan d’honnêteté, vous maintenez vos propos diffamatoires « c’est à dire que quand ton ainée s’est pendue au sapin pour décrocher l’étoile en pensant qu’il s’agissait de la queue du singe du manège, j’ai trouvé ça un peu déplacé » vous signez votre arrêt d’anathème. La mère blessée et furieuse se détourne de vous, et vous êtes ensuite classé dans les archives familiales, catégorie « adepte du IIIème Reich »

J’espère que cette leçon de « vivre ensemble » vous aura été utile. Quant à moi, je retourne décapiter des Bisounours.

Une réponse à Les questions qui n’en sont pas

  1. Force est de reconnaître un certain talent à ma romantique pour ne pas aimer les gens, tout en les aimant.
    Alors moi je dit : pour aimer les gens, il faut les attendrir, en tapant dessus. Comme le poulpe.

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