Les chaussures de l’enfer

La Romantique —  14 octobre 2010 — 2 Conmmentaires

Hier, j’ai mis des chaussures fermées. A talons.

Afin de profiter pleinement de ce billet d’une intensité intellectuelle à la limite du supportable, il faut savoir que je suis dotée des pieds les plus moches ET les plus fragiles de la création (hormis ceux des Hobbits, il ne faut pas abuser)

J’ai toujours eu beaucoup de chance.

Le Geek, me voyant enfiler les dites chaussures (véritables entreprises de démolition physique et mentale) a asséné :

« Tu vas te niquer les pieds » (le Geek est un poète. C’est un fait avéré.)

« Mais non, je les ai déjà mises » (la Romantique est une menteuse. C’est une nécessité)

Au bout de 10 minutes de marche, tout allait bien. J’étais belle et élégante. Les photographes de mode se retournaient sur ma silhouette de rêve et ma démarche gracieuse.

A la 11ème minute, je me suis dit que quand même, les talons brulaient un peu.

A la 12ème, j’essayais de boiter sans que le Geek le remarque. On a sa fierté.

A la 13ème, je n’avais plus aucune fierté, et hésitais à marcher pieds nus ou m’allonger sur le trottoir. J’adressais des petits sourires contraints au Geek qui me jetaient des regards torves et soupçonneux. Personne n’était dupe. Et les chaussures ricanaient, suppôts de Satan à semelles.

A la 14ème minute, les ivrognes me lançaient des pierres et lachaient leurs chiens, attirés par l’hémoglobine qui imbibait le cuir de mes sandales.

Ensuite, les secondes se sont égrenées. L’hémorragie talonienne a empiré. Le monde est devenu cotonneux. J’ai entendu des voix demander « Chimie, Iono, FS » puis j’ai vu une lumière blanche. C’était l’enseigne du restaurant.

Le dîner fut un havre calorique de douceur et de beauté. Le sang battait lentement à mes pieds, comptine lancinante de douleurs plantaires.

Mes demi-frères de pieds

Puis il a fallu partir. Le chemin du retour m’attendait. J’ai courageusement boitillé jusqu’aux toilettes pour confectionner un pansement à base de papier blanc normalement destiné à un autre usage. Ainsi dotée, j’ai suivi le Geek, sourire aux lèvres et sang aux pieds.

Je pleurais, et marchais comme un flamand rose écrasé par un éléphant. Il m’a donc fallu avouer mon calvaire au Geek qui s’est montré compréhensif et indulgent : «  Je te l’avais dit »

Je ne sais pas ce qui est le pire : saigner des talons, ou reconnaître que le Geek avait raison. Je vais réfléchir à ce dilemme en changeant mes pansements sanguinolents.

2 réponses à Les chaussures de l’enfer

  1. Le Geek a souvent raison 😛

  2. Un récit tordant! Je suis en train de glousser bruyamment tout en essuyant mes larmes devant mon ordi. Les gens qui s’agglutinent au café en face de mon bureau me prennent maintenant pour une demeurée dépressive. Tant pis, ca valait le coup!
    Ah ce qu’on ferait pas, nous les filles (enfin, nous qui ne ressemblons pas à Kate Moss), pour paraitre 5 cm de plus et faire remonter nos fesses!
    Je partage ta souffrance et à présent, je comprends parfaitement l’utilité des baskets dans ton bureau.
    Bises Working girl.
    PS: tu ne peux pas avoir les pieds les plus moches du monde, ce titre me revient! Mais j’accepte que tu sois ma dauphine.

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