Le pique-nique des marseillais

La Romantique —  6 juin 2013 — 1 Commentaire

Puisque le soleil daigne enfin s’installer, les habitudes estivales vont reprendre. Et, à Marseille, le pique-nique sur la plage est un moment incontournable.Le 1er été suivant leur installation à Marseille, le Geek et la Romantique ont donc été invités à un pique-nique, sur une petite plage au bout de la Corniche.

Ignorant le drame en train de se nouer, ils ont donc rejoint une joyeuse bande de collègues, qui, dans la petite crique, prenait déjà la place d’un porte-conteneurs.

Or, pour les marseillais, un pique-nique est tout simplement un repas translaté sur un plage.

Et, pour ce premier pique-nique, le Geek et la Romantique avaient apporté, en tout et pour tout :

– 2 sandwiches,

– 1 bouteille d’eau,

– 1 kilo de fruits,

– 2 serviettes de bain.

Depuis ce moment de solitude, le Geek et la Romantique organisent chaque pique-nique sur la plage comme une campagne militaire exigeante.

Demenagement 1876

Avant de partir à la plage, tu es sûr qu’on a bien pris le saucisson?

Quand les marseillais débarquent sur la plage, ils délimitent tout d’abord le terrain afin de le privatiser. Ils utilisent pour ce faire, la 20aine de sacs qu’ils ont transportés. Ils posent ensuite les plaids, serviettes (les vieilles, celles qui ne sèchent plus le corps après le bain) et autres nattes. Une fois le patchwork de sol achevé, c’est l’heure de la baignade. Les corps se tortillent pour mettre les maillots, les hommes plongent dans l’eau en 1 minute, les femmes se font une queue de cheval, vérifient l’ordonnancement du maillot « Mon Dieu que je l’aime ce maillot, il date de la saison dernière, mais je l’aime trop, hein? En revanche, ce que j’ai grossi. Malheur. Mais je n’ai pas de volonté en ce moment. » Puis elles s’approchent de l’eau comme si les vagues étaient porteuses d’un dangereux virus. Au bout de 15 minutes d’atermoiements, et de considérations sur la froideur des éléments, elles esquissent une première brasse et hurlent menaces et imprécations quand les hommes font semblant de vouloir les couler. Puis le plaisir de la baignade prend le pas sur toute autre considération. Et l’on se surprend à faire la planche en comptant les secondes de calme surnaturel.

Au sortir de l’eau, les hommes se changent rapidement, et commencent à fouiner dans les sacs pour trouver de la nourriture. Pendant que leurs maris retournent à l’ère préhistoriques, les femmes se sèchent (avec des serviettes épaisses et aussi larges que 2 semis remorques), puis, piochant dans l’énorme sac « beauté et accessoire », s’enduisent de crèmes hydratantes, avant de se peigner, non sans avoir préparé le démêlage avec des gels « réparateurs cheveux » qui éviteront le desséchement capillaire du à la salinité de la mer. 

Tout le monde passe ensuite à l’organisation et à la présentation du menu. Chacun annonce les plats apportés, comme dans une criée gourmande. L’un fouille dans le sac apéro, et en sort les gâteaux (faits maison), les olives, et une petite poubelle de table pour les détritus. L’autre fourrage dans la glacière à boissons et en extirpe de l’alcool et des jus de fruits. Les glaçons sont égrenés dans un joli seau, accordé aux saladiers des chips. Ensuite, vexé et désolé, le marseillais réalise qu’il a oublié le saucisson. Il râle, et, en compagnie de son épouse, renverse tous les sacs de provisions afin de vérifier si par hasard, il n’aurait pas mis le saucisson dans le sac à desserts. Les autres convives ont beau expliquer que les kilos de roulés à la saucisse suffiraient à nourrir un pays en famine, la vexation est tenace.

Pendant ce temps, les enfants courent et tentent d’échapper aux emplâtres maternels de crème solaire. Ils s’ébattent, plongent, reviennent boire, se sécher, piquer une tomate et défaire l’ordonnancement du festin en cours de préparation.

Commence ensuite le repas proprement dit. Chaque couple de marseillais dispose sur le sol bigarré : salades et viandes froides, quiches, légumes en bâtonnets accompagnés de sauces diverses, pains de campagne, aux céréales et baguettes, cornichons, moutarde, des chips de toutes les tailles et de tous les assaisonnements. Bien évidemment, le rosé reste au frais dans un sac prévu à cet effet. Et il y des citrons pour accompagner les sodas.

Les desserts recouvrent ensuite la nappe de plage. Tartes, fruits, gâteaux se côtoient, comme lors d’un concours de pâtisserie. Le thermos de café circule. Un paquet de bonbons de 1.5 kg est pillé.

Les vagues grignotent le soleil, puis l’avalent. Avant que la nuit et la mer se confondent, les plus courageux se baignent une dernière fois. Les enfants se lovent dans les serviettes et condescendent aux calins. Autour de la plage, les lampadaires s’allument, comme pour signifier le retour à la réalité, la fin du film.

 

 

Une réponse à Le pique-nique des marseillais

  1. Miss pique -nique 24 juin 2013 at 20 h 07 min

    Je me sens pas du tout concerné ; )
    Mais bon si vous insistez je vous organise un bon « petit » pique nique. Mi août ça sera sympa comme ça on sort les bougies!!!!

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