La gouaille

La Romantique —  22 avril 2010 — 1 Commentaire

Trop facile.

Le geek a juste mis en ligne (ou posté quand on speak le fluent geek) une vidéo, et hop, contribution faite. De surcroit, il peut désormais se targuer d’avoir mis en valeur cette vidéo avant le buzz interplanétaire.

Seul hic pour la Romantique et les autres ignares de son espère (j’aime bien parler de moi à la 3ème personne, ça flatte mon ego), j’ai loupé les ¾ des références aux jeux représentés dans la vidéo. Du temps de ma folle et prime jeunesse (oui, j’ai été jeune, même si je passais déjà la majeure partie de mon temps dans les livres) je n’ai en effet approché une manette que le temps d’une partie de Duck Hunt. Pas la peine de vous décrire le but du jeu, la réponse est contenue dans l’énoncé.

Ainsi donc, le geek fait le choix de la facilité, voire de la fainéantise. Comment répondre ? Quel coup d’éclat pourrait mettre en exergue ma supériorité ?

1 – Parler de Jane Austen ? Trop risqué. Je ne veux pas attirer un lectorat fanatique et complètement évaporé qui brode, fait de la peinture sur galets en expliquant que le célibat est un choix, et que Darcy n’est peut être pas loin,

2 – Evoquer ma vision géopolitique du moment, et la place de l’eau dans les conflits actuels ? Périlleux. Ma réflexion est si fine, si révolutionnaire, que je devrais donner des conférences all over the world, et je n’ai pas le temps (j’ai l’unique saison de Pushing Daisies à visionner)

3 – Faire part de mes colères ? Trop long. Je déteste quasiment tout le monde : ceux qui râlent en attendant le bus, ceux qui disent « voire même », « cents euros » même quand cent est au singulier, « moi personnellement je », j’en passe car je risque d’arracher les touches de mon clavier avec mes dents.

Puis, j’ai su. La gouaille marseillaise. Source intarissable de bons mots et de rires. La gouaille parisienne a suffisamment été illustrée par Audiard et portée par Gabin pour devenir un sujet classique. Et je pense sincèrement que la faconde marseillaise a pris le pas sur sa capitale ancêtre, loin des expressions surannées d’un Pagnol de cartes postales.

La gouaille marseillaise mêle des mots vulgaires « putain, fais chiiiiier », abscons « y a dégun ici », des expressions imagées « autant pisser sur un balai », le tout sur un rythme inégal, parfois accéléré « nonmaisjelecroispastulevoispaslefeuvertespeced’ensuquédemesdeux » ensuite ralenti « à moooooaaaaaa tu me dis ça ? ». Les répétitions sont également de mise afin de souligner l’importance du propos « à moooooaaaaaa tu me dis ça ? à moooooaaaaaa tu me dis ça ? », répétition dont l’effet dramatique est souligné par la sollicitation de témoins extérieurs à l’affaire « tu le crois que lui, il me dit ça ? non mais tu le crois ? », sachant qu’aucune réponse n’est attendue.

Le volume doit être sonore, et inversement proportionnel à l’intérêt de la discussion. De même, le visage valorise, par force mimiques, les paroles, mimées en même temps par des mains dramaturges. Surtout, cette faconde est souvent drôle, et démontre un à propos et une vivacité d’esprit, qui rendent certaines conversations dignes de représentations théâtrales.

Une réponse à La gouaille

  1. Duck hunt, très bien, sissi… par contre j’ai rien compris au reste ôÔ :)))))))

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