L’enfer des travaux, ou, pourquoi je hais les vendeurs du rayon « carrelages »

La Romantique —  27 mai 2011 — 5 Conmmentaires

Quand j’ai eu sous les yeux les plans de notre future salle de bains, je n’ai pas mesuré l’imminence du danger. Je n’ai pas compris que ma raison allait chanceler, mon couple se fissurer, et ma tolérance à la poussière, exploser.

Devant la fabuleuse (et virtuelle) douche, je me suis vue en train de faire mes ablutions de la manière la plus élégante qui soit, dans une ambiance chic et simple. J’étais au pays des petits poneys.

Puis, la réalité a commencé à pointer son nez. Elle a envoyé en éclaireurs, les catalogues de salle de bains.

Les 10 premières pages, tout me plaisait.

Après 50 modèles de salles de bains, je me demandais pourquoi faire des travaux. Après tout, les carreaux beiges à petites fleurs, c’est très vintage.

En refermant le 5ème catalogue, j’étais devenue épileptique et amnésique. Et je n’avais plus aucune idée de ce que j’aimais, et de ce que je voulais. D’ailleurs, l’hygiène, c’est très surfait.

Quand le Geek a demandé si j’avais fait des recherches et marqué quelques pages, j’ai pleuré en expliquant que Jane Austen n’avait pas ce genre de problèmes.

Le deuxième acte de ma descente aux enfers du bricolage a commencé avec les expéditions chez « celui chez qui il y a tout ce qu’il faut ».

Les portes coulissantes de la grande surface se sont ouvertes dans un chuintement menaçant. Mais j’ai bombé le torse en me disant « c’est un mal nécessaire. en voyant les expositions de carrelages, tu sauras exactement ce que tu veux. sois forte.» Le Geek, d’un air mâle et décidé a pris la tête de notre cortège, véritable Yann Solo du bricolage.

Au terme d’une recherche homérique, nous avons trouvé les carrelages « après le rayon rideaux, à gauche, et en regardant du côté où chante l’allouette, après l’espace salle de bains ».

Après un passage hypnotique devant 36 mètres carrés de carreaux de toutes les formes et de toutes les couleurs, j’ai réalisé que le budget salle de bains correspondait à un magnifique voyage aux Etats Unis, où les salles de bains sont déjà construites et décorées.

Quand j’ai voulu en parler au Geek, j’ai réalisé qu’il était en train de poursuivre un vendeur, tout en lui lançant des échantillons de carreaux et des insultes.

Il faut savoir que le vendeur bricolage est un spécimen rare qui fuit à l’approche des clients et se terre dans la réserve afin de compter vis et clous. Sauvage et désagréable, il s’exprime dans un langage codé afin de décourager toute tentative d’échange. Il refuse de donner son avis et lance des « c’est vous qui voyez » ou « c’est un choix esthétique » sur un ton qui signifie plutôt « tu peux pas aller voir au rayon « art de vivre » si j’y suis ».

Soucieuse de l’intégrité physique des autres clients, j’ai rattrapé le Geek devant les tondeuses, et l’ai fait assoir sur des chaises de jardin. Le vendeur en a profité pour s’échapper, mais la meute de clients l’avait repéré, et il a été encerclé au rayon « chasses d’eaux »

Le Geek, les mains sur le visage m’a expliqué que depuis l’apparition de la typo « comic sans ms » il n’avait jamais eu une telle envie d’homicide.

«  J’ai craqué, tu comprends. Quand je lui ai demandé les qualités du modèle « blanc œuf mollet presque à la coque » il a répondu « tout le monde en achète ». Et quand j’ai voulu savoir pourquoi le « rouge crépuscule » était 56 fois plus cher que le « carmin du soir » il a dit « si vous voulez, je change les prix ». Alors, j’ai perdu pieds. Et j’ai commencé à le lapider avec les frises « petits poussins et animaux de la ferme»

Je lui ai expliqué que c’était normal. Qu’il fallait extérioriser sa douleur. Nous sommes sortis du magasin sans un mot. Et avons croisé le vendeur qui, une tronçonneuse à la main, tentait de repousser les questions de ses poursuivants.

Prochaine étape : le début des travaux

5 réponses à L’enfer des travaux, ou, pourquoi je hais les vendeurs du rayon « carrelages »

  1. et la suite elle est où???????? spoiler alert: le carrelage fut choisit mais n’était pas en stock, Jane se décida alors pour des carreaux Hello Kitty!

  2. Malheureuse, c’est « comic sans ms » ! Tu veux voirson visage épinglé sur les murs du FBI/CIA/Interpol ? ;)))

  3. j’adore le style, quel talent, franchement cela me donne gout à la lecture.
    Un récit à la fois tendre et fondant ( comme le fromage j’ai oublié la marque….)

  4. Questo non posso perdermelo!Comunque non sono d'accordo sul giudizio negativo su 2010, non è certo all'altezza della pellicola originale, e l'assenza di Kubrick si vede, ma non è assolutamente un film da buttare, anzi.

  5. whoah this blog is great i love studying your posts. Keep up the good paintings! You already know, a lot of individuals are looking round for this information, you could help them greatly.

Laisser un commentaire

Le formatage de texte est disponible par la sélection de HTML. <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*