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Après la leçon de géopolitique niçoise du Geek, ce dernier est allé à Paris.

La vie du Geek est un tourbillon professionnel rythmé par le générique de Dallas.

Dans la vraie vie, le Geek râle en se levant pour prendre le TGV, grogne en découvrant ses voisins de wagon, souffle en se faisant marcher sur les pieds gare de Lyon, court après le métro, ronchonne en sortant de réunion (ce moment où le client est soudainement devenu un Lannister, et pas Thyrion), tempête face au panneau d’affichage qui indique un retard de 30 mn pour le TGV à destination de Marseille, s’endort comme une masse, se réveille en sursaut dans une gare de de triage à 1 km de Saint Charles, rentre péniblement chez lui, et jure à la Romantique, que lorsqu’il sera le nouveau Bill Gates, il ne se déplacera plus que par téléportation..

 

Après cette journée passé dans la capitale, la Romantique s’attendait à une autre remarque profonde et subtile, digne d’un Levi Strauss analysant ce peuple primitif que les marseillais nomment ces « e!%ù§*s de parisiens« 

La Romantique : Ca s’est bien passé à Paris?

Le Geek (essayant de lire ces ses mails tout en faisant semblant d’écouter son épouse) : Ouais, ouais…

La Romantique : Rien de spécial?

Le Geek (pour avoir la paix) : Il faisait chaud.

La Romantique (agacée) : Et les parisiennes? Que portent-elles?

Le Geek (qui répond à la question précédente) : Je sais ! J’ai mangé une terrine maison hyper bonne, dans un café en face de la gare de Montparnasse.

La Romantique se tait, et replonge dans son livre, en se demandant ce qu’elle va pouvoir écrire dans le blog.

Le Geek (qui a fini de lire ses mails et découvre la Romantique en pleine lecture) : Ben, faut savoir. tu t’intéresses, ou pas?

De « Dallas« , l’ambiance était passée à « Madame est servie« .

Tour Eiffel Art Print

Le Geek a eu un RV professionnel à Nice.

En rentrant, nous avons eu cette conversation profonde et stimulante, de celles qui façonnent la culture commune d’un couple.

Ca s’est bien passé à Nice?

Ouais.

Le Geek est intarissable. Un puits de paroles.

Et le déjeuner ? interroge la Romantique, qui cherche désespérément une information à se mettre sous la dent.

Bien. Oh (le Geek en pleine épiphanie) A Nice, la mode c’est le short. Des shorts. Que des shorts. Et minis. Du genre tu te demandes si la fille est en slip. J’étais cerné par des jambes nues.

Et c’est bien? (demande la Romantique qui ne sait pas à quel moment la conversation a dévié)

Ben, ça dépend de la femme, quoi.

La logique masculine est imparable.

Monsieur Geek, de la communauté Be a nice geek !

Et les amateurs reconnaitront un passage de « un air de famille »,

un film qui figure dans le « top ten » des hôtes de ce blog.

 

La réalité rejoint parfois la fiction.

 

La conclusion qui claque.

random-funny-pics-6J’aime les ordinateurs. Je sais m’en servir, mais je n’aime pas que l’on me pose cette question :

Dis-moi, j’ai une question. Je dois acheter un ordinateur. Je prends quoi ?

Le problème n’est pas la question, tout à fait légitime. Le problème est la réponse hyper frustrante :

Fixe-toi un budget et achète l’ordinateur qui correspond. Le plus joli si possible.

Et si tu es millionnaire, va dans un Apple Store.

Et vous savez pourquoi j’ai cette réponse ? Tout simplement parce qu’une personne qui ne sait pas quel ordinateur choisir rentre dans la catégorie de l’utilisateur normal : mails / surf / photos / films / jeux préinstallés. Et qui n’a donc pas besoin d’un ordinateur exceptionnel. Un peu comme moi avec les voitures : j’ai juste besoin d’un moteur, avec 4 roues. Pas d’une Veyron.

En fait, la meilleure réponse dans 95% des cas, c’est :

Achète un Ipad.

Par contre, voici les questions auxquelles j’essaye d’échapper 100% du temps.

Mon ordinateur est très lent, pourtant il est neuf. Tu sais pourquoi ?

Internet Explorer ne démarre plus. Tu sais pourquoi ?

C’est quoi un navigateur ?

Comment je fais pour brancher mon ordinateur tout neuf avec ma vieille imprimante des années 80 que je ne veux pas jeter ?

Comment on pirate les films ?

Pourquoi j’ai plein de messages inutiles dans mon mail ?

J’ai fait un site internet et j’ai plein de pages qui ne fonctionnent pas et puis je dois le déménager ailleurs et puis pourquoi il rame alors que j’ai mis que 3 Go d’images dessus et j’aimerais trop mettre un gif animé de licorne dessus pour que ça fasse hyper joli avec le requiem de Mozart en fond, mais gratuit. Je fais comment ?

J’ai piraté Photoshop. Je m’en sers comment ?

 

En fait, je vais vous expliquer comment faire pour que je réponde LONGUEMENT à la première question. Il suffit de changer un peu la question :

Comme tu es fort en informatique, et que moi je suis une pauvre femme sans défense, si ce n’est ma beauté païenne et mon décolleté aveuglant, je voudrais savoir :

Je dois acheter un ordinateur. Je prends quoi ?

Oui. Si vous êtes un homme, oubliez. Et oui, pour obtenir une réponse d’un informaticien, il faut le flatter.

 

 

 

 

Nous avons déjà étudié les spécificités qui font de la vie marseillaise une aventure épique.

Le muguet du 1er mai représente un autre chapitre de cette odyssée méditerranéenne.

Dans le reste de la France, le dimanche suivant le 1er mai, SI vous êtes invités à un repas de famille, et SI vous passez devant un fleuriste ou un marchand à la sauvette, vous achetez 2 brins pour vos hôtes. Pour marquer le coup. Parce que c’est mignon.

Une telle attitude à Marseille équivaut à un désaveu. Un anathème. Et vous referme définitivement les portes de tous les membres de votre famille. Sur plusieurs générations.

A Marseille, le dimanche suivant le 1er mai, vous DEVEZ faire le tour de TOUS vos ascendants, et distribuer, non pas un brin, mais des compositions autour du muguet.

Il y a un barème très strict.

1. Vous offrez 1 ou 2 brins, présentés dans une corolle plastique :

vous perdez l’amour de cet ascendant et celui de tous ceux qui lui sont liés. Votre conduite infamante est répétée et amplifiée au club de pétanque et au loto bingo. L’anathème s’étend au quartier, et bientôt à la ville. Vous êtes devenu un paria indigne d’appartenir à une famille.

2. Vous offrez 2 brins dans un petit pot :

visiblement, il s’agit d’un cadeau pour vos beaux- parents. Vous avez fait votre devoir. Ils vous offrent le même petit pot. L’équilibre est respecté. La guerre peut continuer.

 3. vous offrez 3 brins dans un pot décoré

votre grand-mère souligne à quel point vous êtes adorable. Vous serez cité en exemple au prochain loto bingo.

4. vous offrez une plantation de muguet avec en son centre un chaton qui agite les pattes en chantant

vos parents sourient. Ils vous offrent un champ de muguet. L’équilibre est respecté. Le marathon de chamailleries inhérent à chaque famille peut ensuite reprendre.

 

Cette journée doit donc être organisée et planifiée :

– achat des compositions de muguet (dans l’optique où vous ne souhaitez pas vous brouiller avec tout le monde)

– calcul du meilleur itinéraire pour déposer les compositions,

– établissement d’un retro planning afin de pouvoir rendre visite à tous les ascendants,

– minutage précis de chaque visite.

 

A Marseille, ce muguet pur et innocent est en fait une épé de Damoclès.

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Il y a 12 ans, lors de notre premier diner avec nos nouveaux amis marseillais, nous avions évoqué « Taxi » (qui, dans la mémoire collective a incarné Marseille, après « Marius » et avant « Plus belle la vie ») et l’itinéraire dudit véhicule avait été longuement critiqué par nos hôtes, révoltés par une telle gabegie géographique. Cela nous avait fait ricaner « les autochtones sont bien susceptibles sur le sujet »

Les années ont passé, et nous nous sommes adaptés à Marseille. Cela fut parfois rude (la RTM, les grèves des éboueurs, la fleur d’oranger omniprésente, l’absence totale de civisme et de discrétion) et souvent génial (les copains marseillais, le soleil, la mer, le couscous et les pizzas, les discussions dignes de Pagnol).

Nous avons accepté les règles du jeu phocéen :

– critiquer la ville, mais se jeter à la gorge du premier parisien qui la dénigre,

– parler de la « Bonne mère », et surtout pas de « Notre Dame »,

– prononcer « moinsssseu », et non pas « moins », et appliquer la règle inverse pour Cassis,

– annoncer qu’il est « et 10 » et non pas « 10h10″…

Taxi

Mais il y a 4 ans, nous eûmes une révélation. Une épiphanie. En tombant sur une rediffusion de « Taxi ». Ce fut évident (même pour la Romantique qui peut se perdre entre A et B si on la fait tourner sur elle-même) : pour aller à l’aéroport, le fameux taxi emprunte 2 fois la même passerelle, passe par le vieux port (dans la direction opposée), et emprunte la mauvaise autoroute. Insulte à l’orientation. Déshonneur sur les itinéraires. Honte à Besson.

Nous étions (presque) devenus marseillais.

L’hygiène intellectuelle de la Romantique impose une visite hebdomadaire à la bibliothèque.Parfois, le destin, le WE, la fatalité s’en mêlent, et le Geek doit accompagner la Romantique.

A peine rentrés dans l’enceinte sacrée, le Geek hausse le ton, tandis que la Romantique court partout.
Il l’empêche tout d’abord de se précipiter dans les rayons, et l’oblige à rendre les livres empruntés et déjà lus. La Romantique essuie quelques larmes et tente de garder son livre-préféré-du-jour. Mais le Geek est inflexible et la laisse se rouler par terre. Il vérifie la liste, puis l’accompagne dans les rayons.

La Romantique trottine, s’arrête, revient en arrière, court, s’immobilise brutalement, puis repart entre les livres et les étagères. Le Geek s’assied au rayon BD, et attend tranquillement le résultat de la quête infinie de la boulimique littéraire qu’il a la faiblesse d’aimer.

La Romantique le rejoint, puis repart se perdre dans les rayons. Elle revient vers lui, pose sa veste, et fille dans la direction opposée. Au bout de nombreux allers-retours, elle s’affale dans le siège voisin. 

 

La Romantique sollicitant l'emprunt d'un 16ème livre

La Romantique sollicitant l’emprunt d’un 16ème livre

Le Geek achève tranquillement sa BD puis compte les livres. 32 volumes (pour un poids total de 26 kilos) ont ainsi été sélectionnés. Sèchement, il rappelle à la Romantique qu’elle ne peut en emprunter que 15. S’ensuivent les habituelles crises de larmes, chantages, et menaces de la Romantique. L’atroce sélection est effectuée, grâce à un bibliothécaire compréhensif qui enlève les livres un par un de l’étreinte désespérée de la Romantique. Un autre membre du personnel offre un verre d’eau au Geek en lui expliquant que la route de la désintoxication littéraire est longue, et qu’il doit tenir, être fort.

Finalement, 12 livres sont empruntés, et le Geek se démonte l’épaule en soulevant le sac de la Romantique, qui ignore sa grimace de douleur puisqu’elle a commencé à lire…

Le Geek a trouvé un nouveau moyen de mener son épouse aux confins de la folie et de l’hystérie (ce garçon est plein de ressources)
J’ai nommé : la domotique.

La Romantique regarde Jane Eyre (la dernière version, avec Michael Fassbender) en regrettant que la scène de l’escalier se déroule désormais dans un salon. Mais il faut savoir vivre avec son temps, alors elle se montre forte.

A l’autre extrémité du canapé, le Geek tripote son nouveau smartphone qui ne le quitte plus depuis 1 semaine (il n’est pas encore sevré)
Quand soudain, la télévision s’éteint.

La Romantique (bouleversée) : Mais …
Le Geek (débordant de fierté) : Tu as vu? Tu as vu?
La Romantique (glaciale) : Non, justement, je ne vois plus rien.
Le Geek (inconscient du changement de températures) : J’ai éteint la TV avec mon smartphone. Ca fonctionne ! C’est impressionnant, non?
La Romantique (doucereuse) : Tu sais qui est la femme de Rochester?
Le Geek (un peu inquiet) : La folle cachée dans le grenier du chateau?
La Romantique (menacante) : Dans 2 minutes, si MON film n’a pas repris, tu regretteras de ne pas pouvoir m’enfermer.
Le Geek (déjà indifférent) : C’est sûr. Ca surprend. Mais c’est génial non? Et, je peux aussi allumer la radio (avec un air de petit malin) Tu sais que nous n’avons pas de grenier
La Romantique (en train de chercher un objet lourd et contendant) : Je regardais Jane Eyre, et je me retrouve à écouter « les Démons de minuit »
Le Geek (ralant) : Ca va, regarde, hop, je te le remets ton film… ah non, ca a coupé le DVD, du coup je retombe sur la TV… « Ils m’entrainent au bout de la nuit » alors alors… on pourra faire des blagues avec ça… ne me regarde pas comme ça, je te dis que je vais faire réapparaitre Rochester… « J’aime cette fille, sur talons aiguilles qui se déhanche » c’est quand même plus drôle de tout résoudre depuis mon smartphone? Non?

Ai-je l'air d'aimer la domotique?

Ai-je l’air d’aimer la domotique?

 Il y eut d’autres tests, d’autres regards noirs et d’autres échanges aigres-doux. Au nom du progrès et de la modernité.

Et aussi pour remplacer les télécommandes qui, grâce aux efforts répétés de la Romantique, volent parfois … mais pas longtemps.

 

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Hier soir, alors que nous dînions chez des amis et discutions de sujets infiniment plus passionnants que l’ecotaxe™, Mr Blanc (je lui donne un pseudo afin de cacher son identité) me supplia de lui révéler ma recette de l’i-œuf à la coque.

Comme je ne peux rien refuser au Grimpeur Fou, voici donc ma recette.

Ingrédients :

  • 1 iphone
  • 1 œuf
  • 1 casserole
  • de l’eau
  • un feu
  • une Romantique allongée sur le canapé avec un gros livre
  • de la mayonnaise
  • 1 torchon

Mode d’emploi (chez le geek, la recette est un mode d’emploi)

  • Remplissez la casserole avec l’eau.
  • Allumez le feu sous la casserole.
  • Regardez un épisode de Game of Thrones en attendant que l’eau bout.
  • Une fois l’épisode fini, allez remettre de l’eau dans la casserole et nettoyez toute cette buée sur les placards de la cuisine avec le torchon.
  • Cette fois-ci, restez devant le feu à attendre que l’eau bout.
  • Quand l’eau bout, plonger l’œuf dedans.
  • Cherchez votre iphone pour mesurer 3 mn 1/2 avec la fonction minuteur de ce fleuron de la téléphonie Apple™
  • Au bout d’une minute, vous avez normalement retourné tout l’appartement et crié sur la Romantique pour trouver ce p…n de téléphone de m….e, avant de vous apercevoir que vous l’avez sûrement oublié au bureau.
  • Retournez vite au bureau le chercher. Si vous êtes moi, votre bureau est à 5 minutes à pied de chez vous. Chanceux va !
  • Fouillez votre cloaque bureau. Vous retrouvez l’iphone et déclenchez le minuteur.
  • Profitez-en pour imprimer ce fichu billet d’avion pour le lendemain.
  • Arrêtez la sonnerie de l’iphone.
  • Rentrez chez vous.
  • Ignorez dignement la remarque de la Romantique.
  • Éteignez le feu sous la casserole et nettoyez toute cette buée sur les placards de la cuisine avec le torchon.
  • Enlevez la coquille de l’œuf.
  • Coupez le en deux dans le sens de la longueur.
  • Posez un tortillon de mayonnaise sur chaque moitié.
  • Dégustez votre i-œuf mimosa. (c’est en fait la version 2 de l’i-œuf à la coque).

Prochaine recette secrète : les spaghettis maison.

 

 

La Romantique : Salut ! On déjeune ensemble ?

Pour conserver son anonymat, je surnommerai cette amie « Rita », en hommage à sa belle chevelure)

Rita : Euh, oui

La Romantique : Cache ta joie surtout.

Rita : En fait, ce matin, j’étais en retard, et je n’avais pas de chaussures accordées à ma tenue dans le placard …

La Romantique : … loin de moi l’idée de t’interrompre, voire de te demander le rapport avec ma question initiale, mais …

Rita : … j’y viens. Et si tu me coupes, on ne va pas s’en sortir.

La Romantique (domptée) : J’attends.

Rita : DONC. Je cherchais des chaussures noires mi-saison. Et j’ai finalement mis la main sur une paire de bottines dont je ne me souvenais absolument pas. Mais je n’avais plus le temps de réfléchir à leur provenance, je les ai enfilées, et hop, en voiture.

La Romantique : C’est fini ? Je peux me montrer impertinente ?

Rita : Tu as un fond très méchant.

La Romantique : On déjeune ensemble, ou pas ?

Rita : J’ai mal aux pieds.

La Romantique : Mais, déjà ? Je veux dire, depuis ce matin ?

Rita : En fait, entre la maison et la voiture j’avais déjà mal. Et arrête de rire.

La Romantique : Et tu en es à quel stade actuellement ?

Rita : J’envisage l’amputation.

La Romantique : On va se faire livrer des sushis. Je m’arrête de rire, et je commande.

 

Cette conversation qui pourrait paraitre superficielle à certaines âmes chagrines et masculines révèle pourtant un mystère féminin insondable.

Comment peut-on (par « on », j’entends les femmes) s’imaginer qu’une paire de chaussures qui s’est avérée aussi confortable qu’un engin de torture moyenâgeux, puisse un jour nous aller ?

Chaque femme a, un jour (de soldes, d’optimisme), acheté des chaussures qui, au bout de 3 heures d’utilisation ont transformé ses pieds en plaies sanguinolentes.

Le soir venu, cette même femme (après une visite chez le podologue) a soigneusement rangé ces coupables chaussures dans une boite, elle-même placée dans un placard, en se disant :

–       elles sont trop jolies, je ne peux pas les jeter,

–       dans 1 an, elles m’iront peut-être,

–       je les garde, on ne sait jamais.

Or, il n’y a JAMAIS de miracle. Le pied ne s’adapte JAMAIS à la chaussure, qui ne se transforme JAMAIS en pantoufle de vair.

Il n’y a pas de Prince Charmant. Il n’y a pas de Chaussures Charmantes.

Je sais. La vérité est cruelle. Mais elle est implacable. Et elle remplit nos placards.

 

Et en plus, le livreur de sushis n’est pas venu (il avait un planning de ministre)

La Romantique entre dans la boulangerie du quartier.

Avantage : cette boulangerie est la seule, dans un périmètre de 1 kilomètre, qui produit du pain qui ne ressemble pas à un élastique au bout de 12 heures.

Inconvénient : les vendeuses ne sourient jamais, et regardent les clients comme s’ils étaient des insectes inoffensifs mais agaçants.

 

La Romantique (qui a une petite faim) : Bonjour !

La Vendeuse (avec un regard vide) : Grempfgne.

La Romantique (déjà impatientée) : Cette petite brioche, elle est « nature » ?

La Vendeuse (qui fixe la brioche pour l’obliger à répondre) : Pourquoi ?

La Romantique (qui a déjà envie de crier) : Je voudrais savoir s’il y a un parfum ajouté ?

La Vendeuse (qui fixe toujours la brioche) : Elle est nature.

La Romantique (carrément suspicieuse) : Il n’y a pas de fleur d’oranger alors ?

La Vendeuse (levant les yeux au ciel) : Ah ben si.

La Romantique (qui s’entête) : Elle n’est pas « nature » alors, cette brioche ?

La Vendeuse (qui s’entête) : Ben si.

La Romantique (en mugissant) : Ben non. Puisqu’il y a de la fleur d’oranger.

La Vendeuse (avec un soupçon de commisération) : Ben, c’est une brioche quand même.

Vaincue par KO, la Romantique a acheté un chausson aux pommes et s’en est allée.