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Le Geek a eu un RV professionnel à Nice.

En rentrant, nous avons eu cette conversation profonde et stimulante, de celles qui façonnent la culture commune d’un couple.

Ca s’est bien passé à Nice?

Ouais.

Le Geek est intarissable. Un puits de paroles.

Et le déjeuner ? interroge la Romantique, qui cherche désespérément une information à se mettre sous la dent.

Bien. Oh (le Geek en pleine épiphanie) A Nice, la mode c’est le short. Des shorts. Que des shorts. Et minis. Du genre tu te demandes si la fille est en slip. J’étais cerné par des jambes nues.

Et c’est bien? (demande la Romantique qui ne sait pas à quel moment la conversation a dévié)

Ben, ça dépend de la femme, quoi.

La logique masculine est imparable.

Monsieur Geek, de la communauté Be a nice geek !

Et les amateurs reconnaitront un passage de « un air de famille »,

un film qui figure dans le « top ten » des hôtes de ce blog.

 

La réalité rejoint parfois la fiction.

 

La conclusion qui claque.

Il y a 12 ans, lors de notre premier diner avec nos nouveaux amis marseillais, nous avions évoqué « Taxi » (qui, dans la mémoire collective a incarné Marseille, après « Marius » et avant « Plus belle la vie ») et l’itinéraire dudit véhicule avait été longuement critiqué par nos hôtes, révoltés par une telle gabegie géographique. Cela nous avait fait ricaner « les autochtones sont bien susceptibles sur le sujet »

Les années ont passé, et nous nous sommes adaptés à Marseille. Cela fut parfois rude (la RTM, les grèves des éboueurs, la fleur d’oranger omniprésente, l’absence totale de civisme et de discrétion) et souvent génial (les copains marseillais, le soleil, la mer, le couscous et les pizzas, les discussions dignes de Pagnol).

Nous avons accepté les règles du jeu phocéen :

– critiquer la ville, mais se jeter à la gorge du premier parisien qui la dénigre,

– parler de la « Bonne mère », et surtout pas de « Notre Dame »,

– prononcer « moinsssseu », et non pas « moins », et appliquer la règle inverse pour Cassis,

– annoncer qu’il est « et 10 » et non pas « 10h10″…

Taxi

Mais il y a 4 ans, nous eûmes une révélation. Une épiphanie. En tombant sur une rediffusion de « Taxi ». Ce fut évident (même pour la Romantique qui peut se perdre entre A et B si on la fait tourner sur elle-même) : pour aller à l’aéroport, le fameux taxi emprunte 2 fois la même passerelle, passe par le vieux port (dans la direction opposée), et emprunte la mauvaise autoroute. Insulte à l’orientation. Déshonneur sur les itinéraires. Honte à Besson.

Nous étions (presque) devenus marseillais.

Nous avons tous subi :

–          les stages de management,

prodigués par des formateurs qui ne travaillent plus en équipe depuis 1975, mais ont des théories sur tout, et citent Aristote et Boudha,

avec des jeux de rôle où il est si facile de bien réagir puisqu’il n’y a pas de dossiers urgents, de téléphones hurleurs et de vrais humains concernés,

 –          le collègue qui vous explique que le fonctionnement de votre équipe pourrait être amélioré « en mettant en place une nouvelle échelle de valeurs et de feed-back», alors que son propre service est à feu et à sang

 –          le supérieur qui vous parle comme si vous n’étiez pas digne de respirer le même air que lui.

 

Puis un jour, on craque. Et on se prend à rêver du management à la Darth Vader.

Tout simplement.

  • Darth Vader a le respect de la hiérarchie :
toujours faire semblant d 039 couter le n 1
Le bon manager fait toujours semblant d’écouter le n+1, avec un respect teinté d’adoration

 

  • Darth vader a foi en ses équipes et sait provoquer l’adhésion complète à ses projets de conquêtes intergalactiques :
discussion pacifique
Tout le monde est d’accord avec le bon manager

 

  • Darth Vader attache beaucoup d’importance au séminaire des cadres, qui permet de créer, dans une ambiance chaleureuse, une synergie indispensable à l’écrasement de la Rebellion :

le seminaire des cadres
Un bon manager sait organiser des séances de team building

 

  • Darth Vader déteste avoir recours à la violence, mais quand cela s’avère nécessaire, il n’hésite pas à démontrer son autorité :

derni re sommation

Parfois, quand les circonstances l’exigent, le bon manager se doit de faire preuve de fermeté

 

  • Même Darth Vader peut faire appel à des prestataires extérieurs. Loin d’être un aveu de faiblesse, c’est au contraire la preuve de son intelligence, et de sa ténacité :
il sait d l guer

Le bon manager sait déléguer

 

  • Bref, Darth Vader devrait se lancer dans les séminaires de motivation et de management :
auto keep calm darth vader 201475

Le bon manager a toujours raison

 

 

Oslo, 31 aout est une merveille de désenchantement et d’espoir mêlés.

Durant la journée, et la longue nuit, du 31 aout, Anders demande des preuves, à la vie, son ex, ses amis, sa soeur, des étrangers, à des souvenirs, des lieux et des musiques. Il attend, sans les provoquer, des preuves que son existence vaut la peine. Toute la peine d’être vécue et non plus supportée.

Les scènes sont nimbées de la nostalgie de la fin de l’été et de ce questionnement latent : faut-il continuer? Dans un café, Anders écoute les conversations qui s’élèvent autour de lui, prenant part à des centaines d’existences, mais restant à l’extérieur de la sienne propre. Ni victime, ni acteur, il observe. Il attend. 

Depuis, des images de ce film m’accompagnent, comme des souvenirs qui ne sont pas les miens, mais que je reconnais. 

oslo 31 aout

La pièce de théâtre prend place dans une jolie maison. Intérieur confortable. Tous les protagonistes sont attablés. Des verres et des petits gâteaux sont disposés sur la table.

Acteurs : le couple d’hôtes, un couple d’amis (Madame Sourire, et Monsieur Gambler), le Geek et la Romantique.

La scène débute de manière classique autour d’un apéritif, puis, tout semble prendre place dans une dimension parallèle. Non. Plusieurs dimensions parallèles.

L’hôte : J’ai lu un bouquin vraiment passionnant. Je n’ai pas pu le lâcher.

La Romantique : Lequel ? Hein, dis, lequel ?

Le Geek : Il va te le dire, ne t’excite pas.

L’hôte : L’affaire Harry Québert. Ou la vérité sur Harry Québert. Enfin, quelque chose dans le genre.

L’hôtesse : En revanche, il ne te prêtera jamais le bouquin. Mon mari a un don pour transformer les livres en épaves cornées et effeuillées.

Le Geek (rigolard): N’écoute pas, ma Romantique. Il fait du mal aux livres, mais c’est une bonne personne au fond.

La Romantique (feignant l’indifférence): Ce bouquin a eu un prix littéraire. Donc, il t’a plu ?

Madame Sourire : L’affaire qui ?

L’hôte : Harry Québert.

Madame Sourire : C’est le nom de l’auteur ?

La Romantique : Non. C’est le titre.

Le Geek (pianotant sur son I Phone): Je vais reprendre une bière.

Monsieur Gambler : Moi aussi. De quoi ils parlent ?

Le Geek : J’ai décroché. Tu connais ce jeu ?

L’hôte : Oui, j’ai bien aimé ce livre.

Madame Sourire (obstinée) : Mais alors, comment s’appelle l’auteur ? Et qui est Harry ?

La Romantique (pensive): Le problème, c’est que je suis souvent déçue par les prix littéraires.

L’hôtesse : Bon. Le poulet sera cuit dans 50 minutes.

Madame Sourire (ignorée de tous): QUELQU’UN PEUT ME DONNER LE TITRE DE CE FICHU LIVRE ?

Monsieur Gambler (analysant les joues rouges de son épouse): Vous n’auriez pas un peu chargé les mojitos ?

L’hôte (très Tom Cruise): Ils sont parfaits mes cocktails !

La Romantique (rêveuse): Je ne retrouve plus le nom de l’auteur.

Le Geek : Tu as fait du poulet ? Cool.

Madame Sourire (blasée, et essayant d’aspirer les citrons au fond de son verre): Mais qui est Harry, alors ?

L’hôtesse (se souvenant de « Rain Man »): Qui est en première base ? Qui ?

 

C’est à ce moment que j’ai réalisé que l’amitié reposait parfois sur des contradictions. Et que cela nourrissait son charme.

 

 

anim

Depuis 1 semaine, le Geek m’interdit de choisir le moindre DVD. Il parait que les derniers films sélectionnés par ma Romantique personne n’étaient que désespoir, mort, et fins incompréhensibles. Il abuse.

• Il y a d’abord eu « Incendies »

Synopsis : A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence.

La Romantique (avant le film): Bon. Cela ne respire pas la franche rigolade.  Mais les critiques sont excellentes.

La Romantique (après le film) (en larmes) : C’est pire que ce que je craignais. Une tragédie grecque.

Le Geek : Mais, mais il est affreux ce film.  Quelle belle histoire horrible !

• Puis, « De l’autre côté »

Synopsis : Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée d’origine turque comme lui. Yeter meurt. Nejat se rend à Istanbul dans l’espoir de retrouver la trace d’Ayten, la fille de Yeter.

La Romantique (avant le film): Le film peut être porteur d’espoir. Et il faut s’intéresser aux créations allemandes.

La Romantique (après le film) : C’est beau. Il attend son père. Il lui a pardonné. Tu me donnes un mouchoir s’il te plait?

Le Geek : Génial. Tout le monde meurt quasiment. Super. Et la fin qui n’en est pas une.

• Enfin, « Le choix de Luna »

Synopsis : Luna et Amar, jeune couple de Sarajevo, tentent de surmonter les obstacles inattendus qui menacent leur amour. Les blessures encore ouvertes de la guerre continuent de hanter Luna, son amour pour son mari est-il assez fort pour accepter ses changements ?

La Romantique (avant le film) : C’est important d’en apprendre plus sur l’ex Yougoslavie.

La Romantique (après le film) : Je ne savais pas que le film serait aussi triste.  Arrête de me fusiller du regard comme ça.

Le Geek : Tu te fous de moi ? Encore une fin ouverte qui ne veut rien dire?Cette fois, je te supprime Télérama. Et je range cette fichue boîte de mouchoirs.

Le Geek n’a pas fait usage de son droit de réponse, mais je dois confesser un lourd secret :

même les Romantiques éprouvent des pulsions incontrôlables

(non, je ne parle pas de pulsions criminelles dans le bus ou le métro)

La vue de cet homme, par exemple, me plonge durant 1 mn dans une espèce  de flou cérébral,

 

Là, il se repose. Parce que courir sans cesse, et bien, ce n'est pas évident. Hin hin hin. Il a des muscles tout partout.

et je m’entends seulement lui dire « Cours dans l’arène, Maximus, cours »

Oui. Depuis « Gladiator » un homme torse nu dans une arêne, avec un magnétisme aussi torrentiel, ne peut QUE s’appeler « Maximus ».

Où en étais-je?

Oui. Alors. Certes. Il est rare que je fasse appel aux références cinématographiques du Geek, mais il est encore plus rare de trouver un homme à demi nu dans les livres de Jane Austen.

Et comme personne ne sait plus qui est Jane Austen (et NON, elle n’a pas écrit Jane Eyre), ma défense devrait être solide encore quelques temps.

Hin hin hin.

Zut, j’ai regardé la photo.

Comme tout homme, le Geek est fasciné par Scarlett Johansson.

Jusqu’à présent, j’ai su combattre toute jalousie à cause d’excuses aussi rassurantes que fallacieuses :

  1. Elle a 18 ans (depuis 10 ans, certes)
  2. Admettons. Elle a 20 ans,
  3. Photoshop,
  4. Maquillage professionnel,
  5. Injustices de la Nature.

Mais samedi, le frère spirituel du Geek (c’est-à-dire passionné d’ordinateurs, de jeux, de poker et de conversations absconces) a marqué le début de ma descente aux enfers.

Frère spirituel du Geek : tu as vu, « The Avengers » sort le 25 avril ?

Le Geek (avec une mimique libidineuse): tu as vu Scarlett dans la bande annonce ?

Frère spirituel du Geek (avec des yeux exorbités de satyre) : il parait que pour éviter les marques de sous vêtements, elle a tourné entièrement nue sous sa combinaison en latex.

Le Geek (s’apercevant de ma présence) : c’est certainement une manœuvre des studios, une légende créée de toutes pièces pour exciter nos esprits faibles (coup d’œil vers moi, pour prouver sa force d’esprit et sa supériorité sur le genre masculin)

Néanmoins, durant le WE, j’ai surpris plusieurs fois le Geek tenant des propos incohérents entrecoupés de « hi hi … Scarlett … toute nue … latex », ou à me répondre « ça ne peut pas être vrai, sinon les éclairagistes n’auraient pas supporté la charge sensuelle » quand je lui demandais s’il voulait un thé ou un café.

Depuis, j’ai la vague impression que ce fieffé menteur se joue de moi.

 

Ma romantique a un gros point faible : c’est la réincarnation d’une marmotte. Personnellement, je suis la réincarnation d’un ours (qui aurait oublié qu’il était bouddhiste il y a longtemps) en pleine hibernation.
Ce qui donne des matins très « à fond la forme » « au fond du lit » chez nous.

Mon truc d’ours pour me réveiller, c’est de parler. À ma marmotte romantique en l’occurrence. Et ce matin,  je parlais de cinéma. Ou de seins. Bref, ma marmotte me coupe la parole, et me balance : « J’ai vu la photo de Daniel Craig en maillot de bain au bord de la piscine. C’est assez motivant comme photo. Je dis ça je dis rien. »
Comme à chaque fois que l’on parle de Daniel Craig, je lui coupe à mon tour la parole et lui envoie : « Ah bah oui, c’est sûr, avec Photoshop, c’est facile d’avoir des muscles ». Ma marmotte rigole dans sa couette : « va voir sur internet, et on en discute au petit dèj. ».

Autant vous dire qu’au petit dèj, l’ours était plongé dans ses céréales.

 

La fameuse photo (légendée par un ours jaloux)

Daniel, c’est peut-être un homme un vrai, mais il faudrait qu’il s’achète des maillots à sa taille. Non mais.