Back in 2001

Le Geek —  15 janvier 2010 — 3 Conmmentaires

Nous sommes en Décembre 2001. La bulle internet commence à avoir mal. Mon Palm Pilot ™ est mort. Mon home cinéma crachote. Le poker en ligne est encore loin. J’ai déjà vu 50 fois Matrix et Fight Club. Mes projets web sont pourris. Bref, je m’emmerde à pleins tubes.

Décision prise avec F., mon Co worker (c’est comme ça qu’on appelle les collègues dans le monde hype de la com), d’aller faire un tour au club med des Champs Elysées.

Le monde normal ayant peur des avions (qui ont une fâcheuse tendance à ne pas atterrir) et le monde des geeks voyant l’occasion de toucher des vols en promo, sur des avions qui ont maintenant une forte probabilité de ne pas être détournés, nous nous sommes décidés à voyager loin : direction Maroc.

Nous payons chacun 2000 balles (300 euros pour les plus jeunes) pour un séjour à Marrakech tout compris, c’est la fête.

Dans ma valise : aucune technologie geekesque à l’horizon (tout est cassé, suivez un peu.) Par contre, j’emporte trois livres en cas d’ennui profond (c’est important pour la suite).

C’est l’occasion pour moi d’embarquer mes plus beaux vêtements : chaussures bateaux défoncées (hype il me semble), tee-shirts publicitaires, gel pour les cheveux, maillot de bain (acheté en 1990), et caleçons préférés (batman, spiderman et matrix).

Le voyage se déroule sans encombre, ni détournement :

F. m’explique les rudiments de l’arabe, car il a acheté le guide du routard à l’aéroport. Hop. Le casque audio de l’avion sur les oreilles.
F. commence à relire « Le seigneur des Anneaux ». Il essaye de m’enlever le casque audio pour me parler. Je résiste.
F. ouvre une cannette de jus de tomate en m’en envoyant sur le tee-shirt. Je gueule.

Tout va bien quoi.

Je ne vous décris pas l’arrivée au club med. Tout le monde a déjà vu les bronzés. Idem pour la soirée théâtre ou F. et moi, bourrés, chantons faux en play-back.

Je passe directement à mon premier séjour au bord de la piscine.
Il est tôt (14h30).
Je lis un livre.
F. drague une brune coriace.

C’est là qu’il faut suivre : je suis en maillot de bain, à l’ombre. Et je lis ‘treize jours’.

De loin, à l’abri d’un arbre, il est impossible de voir que je suis un mec infréquentable : mon bronzage montre que je crains l’oxygène et le soleil, mes bateaux fendues en deux sont une insulte au bon goût et mon livre cache mes dents de devant pas nettes.

Par contre, il semble émaner de mon ouvrage une phéromone destinée aux femmes romantiques.

Ce qui explique, en raccourcissant l’histoire quand même, que Anne soit revenue du Maroc avec moi, le geek de base, perdu dans un monde hostile. Qui ne comprend pas qu’on veuille lui parler, juste parce qu’il est le seul à lire un livre au club med.

Ceci dit, une fois habillé normalement, les dents réparées, l’haleine fraiche, et sans ordinateur sous les doigts, je suis super fréquentable.

Je vous raconterai un autre jour plus en détail comment j’ai réussi à emballer une romantique indécrottable. Pas facile pour moi, mais je ne suis pas peu fier d’être marié avec elle aujourd’hui.

3 réponses à Back in 2001

  1. Y avait la brune, mais la chatain, et la blonde aussi… pourquoi les oublier ? 😉

  2. Sympa!
    Mais ce qui le serait encore plus: confronter les 2 versions.
    Matrix vs Jane Eyre, ou une nouvelle version de la première scène de Grease 😉

    A plus.

  3. Inutile de confronter les deux versions.
    J’ai subjugué ma femme grâce à mes tshirts pourris et mes bateaux « vintages ».
    Je pense que c’est clair.

    Par contre, Jane Eyre, elle est dans la matrice en fait. Donc, c’est faux. …

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