Nuit d’horreur et de sang

La Romantique —  11 octobre 2011 — 2 Conmmentaires

Chaqué ete, dans le cadre douillet de nombreuses chambres conjugales, se déroule un spectacle unique, fait d’improvisations, de danse, de cris, de lumières, de drame, de cascades, d’insultes, d’happy end et de mort.

Ce festival incroyable, qui supplante le Cirque du soleil se dénomme « Je vais te crever sale moustique, dussè-je te poursuivre au bout du monde».

Je ne suis pas Gaston, le papillon !

Au terme d’une enquête rigoureuse, et grâce à de nombreux témoignages, un schema type de ce spectacle a pu être établi.

Les protagonistes seront pudiquement nommés « Elle » et « Lui », afin de respecter l’anonymat des témoins qui risquent gros si leurs conjoints avaient vent de leur trahison.

 

 

La nuit estivale souffle ses vents de chaleur à travers les persiennes/volets, tandis que de rares oiseaux/voitures poussent des cris/coups de klaxon sporadiques. Tout est (presque) calme.

Quand soudain, le drame débute. 

Il se débat avec le drap, se dresse sur son séant et hurle « cette fois, je n’en peux plus. Tu l’as entendu toi aussi ? Ou alors tu le fais exprès ».

Elle ne répond pas et ferme les yeux pour essayer de ne pas se réveiller totalement. Mais la folie grandit dans le silence.

Lui qui, le matin, se lève aussi facilement qu’un semi remorque, a sauté hors du lit, s’est jeté sur l’interrupteur, et allumé la lumière.

Elle émet un vague borborygme et geint. La main sur les yeux elle supplie « Tu ne veux pas éteindre cette damnée lumière plutôt, s’il te plait, j’ai sommeil»

Ulcéré, il observe les murs blancs, un rictus de haine lui déformant la mâchoire « Mais tu ne comprends pas que je vais devenir fou si je ne le tue, cet insecte de malheur ? Tu t’en fous, toi, tu dors. Mais moi je ne peux pas. Tu es vraiment égoïste.» Elle sait qu’elle n’a plus le choix, et se hisse péniblement sur l’oreiller.

Le spectacle qu’elle aperçoit entre ses paupières fripées lui fait regretter son sommeil brisé,et, plus largement, son mariage. Il a pêché un tee-shirt dans la panière de linge sale, qu’il a tordu comme une massue. Et, vêtu de son caleçon, il inspecte chaque centimètre carré de la pièce.

Comme un sioux de cartoon, il arrête soudain de bouger et tend l’oreille pour repérer son ennemi. C’est évidemment à cet instant que sa compagne de malheur pouffe. Les yeux fous, le chasseur la foudroie d’un regard qui crie « je divorce si tu continues! » avant de se jeter en arrière et de frapper le plafond de toutes ses forces.

Raté. Même elle, entend le vrombissement narquois du moustique, et ne retient plus son rire.

Ensuite, l’enfer se déchaine. Il y a des insultes, des coups, des cris, des menaces (adressées aussi bien à l’insecte qu’à la moqueuse dormeuse), et, pour finir, un lugubre filet de sang marron sur un mur blanc « qui sera nettoyé demain, ça va. Le principal est que je l’ai eu, non ? »

Puis le calme revient.

Fier de sa chasse, le guerrier s’endort enfin, tandis qu’elle réalise qu’elle vit avec un psychopathe, ce qui écourte encore sa nuit.

Afin de prouver l’ honnêteté intellectuelle implacable de cette enquête, il est à noter que les rôles sont parfois inversés, et que les guerriers peuvent être des amazones.

2 réponses à Nuit d’horreur et de sang

  1. devine comment ca se passe chez nous…

  2. Merci pour cet article. Je me sentirai désormais moins désespérée lors de mes prochaines nuits avec MON psychopathe.

    Bzzzz….. à vous 2!

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