La publicité qui place la Romantique en « pause image »

Le Geek n’a pas fait usage de son droit de réponse, mais je dois confesser un lourd secret :

même les Romantiques éprouvent des pulsions incontrôlables

(non, je ne parle pas de pulsions criminelles dans le bus ou le métro)

La vue de cet homme, par exemple, me plonge durant 1 mn dans une espèce  de flou cérébral,

 

Là, il se repose. Parce que courir sans cesse, et bien, ce n'est pas évident. Hin hin hin. Il a des muscles tout partout.

et je m’entends seulement lui dire « Cours dans l’arène, Maximus, cours »

Oui. Depuis « Gladiator » un homme torse nu dans une arêne, avec un magnétisme aussi torrentiel, ne peut QUE s’appeler « Maximus ».

Où en étais-je?

Oui. Alors. Certes. Il est rare que je fasse appel aux références cinématographiques du Geek, mais il est encore plus rare de trouver un homme à demi nu dans les livres de Jane Austen.

Et comme personne ne sait plus qui est Jane Austen (et NON, elle n’a pas écrit Jane Eyre), ma défense devrait être solide encore quelques temps.

Hin hin hin.

Zut, j’ai regardé la photo.

Le Geek, Scarlett et du latex

Comme tout homme, le Geek est fasciné par Scarlett Johansson.

Jusqu’à présent, j’ai su combattre toute jalousie à cause d’excuses aussi rassurantes que fallacieuses :

  1. Elle a 18 ans (depuis 10 ans, certes)
  2. Admettons. Elle a 20 ans,
  3. Photoshop,
  4. Maquillage professionnel,
  5. Injustices de la Nature.

Mais samedi, le frère spirituel du Geek (c’est-à-dire passionné d’ordinateurs, de jeux, de poker et de conversations absconces) a marqué le début de ma descente aux enfers.

Frère spirituel du Geek : tu as vu, « The Avengers » sort le 25 avril ?

Le Geek (avec une mimique libidineuse): tu as vu Scarlett dans la bande annonce ?

Frère spirituel du Geek (avec des yeux exorbités de satyre) : il parait que pour éviter les marques de sous vêtements, elle a tourné entièrement nue sous sa combinaison en latex.

Le Geek (s’apercevant de ma présence) : c’est certainement une manœuvre des studios, une légende créée de toutes pièces pour exciter nos esprits faibles (coup d’œil vers moi, pour prouver sa force d’esprit et sa supériorité sur le genre masculin)

Néanmoins, durant le WE, j’ai surpris plusieurs fois le Geek tenant des propos incohérents entrecoupés de « hi hi … Scarlett … toute nue … latex », ou à me répondre « ça ne peut pas être vrai, sinon les éclairagistes n’auraient pas supporté la charge sensuelle » quand je lui demandais s’il voulait un thé ou un café.

Depuis, j’ai la vague impression que ce fieffé menteur se joue de moi.

 

Enfin une bonne nouvelle !

Je vous invite à cliquer sur la miniature pour prendre connaissance de cette bonne nouvelle.

Vivement qu’ils s’occupent du naze qui fait un procès à ma copro pour enlever le portail qui a été installé à grands frais il y a 6 mois.

Espérons au passage qu’ils ne me trouveront pas dans ma tanière mon bureau.

Sinon, signalons au passage une nouvelle horrible : ils ont déplacé la Grande-Bretagne.

Nous sommes allés faire un tour chez nos amis « bœufs à la menthe » le week-end dernier, et il y a eu plus de 3 jours de beau temps à la suite (et non pas dans l’année).

Les locaux s’inquiètent. Les urgences sont remplies de grands brulés. Et les rayons de crèmes solaires ont été dévalisés (ils sont à l’étage « voyages » chez Harrods).
Le ministère chargé de l’énergie a annoncé qu’il était désormais inutile de chauffer les maisons en été, ce qui est quand même une bonne nouvelle en ces temps de crise.

Notez tout de même que j’ai réussi à ramener un gigantesque rhume en souvenir.

Si Geek et pourtant si fragile

Le Geek est un être sensible.

Ce WE, alors qu’il larvait devant la TV, il a été traumatisé par une image repoussante : dans un bêtisier, il a vu un gros gâteau américain tomber sur un ordinateur qui gisait à même le sol.

Je vaquais à de futiles occupations quand j’ai retrouvé le Geek en position fœtale, répétant à l’envi : « Jamais, il ne faut jamais poser une ordinateur portable. c’est la règle. la règle.  jamais. et il ne faut pas manger prés du clavier. non. il ne faut pas »

Traumatisé, il a seulement réussi à se calmer devant « Freddy les griffes de la nuit« .

Un être sensible.

 

les sites de rencontre, la blennoragie et le chien

Conversation avec les collègues :

- tu as vu la pub pour le site de rencontres, là?

- mouais, pas terrible.

- la nana, on dirait qu’elle est en train d’expliquer qu’elle souffre d’une blennoragie.

- exactement. en plus, si dans sa vie, elle est toujours aussi gaie, elle ne rencontrera jamais personne.

C’est à ce stade de la conversation que mon fou rire est devenu incontrôlable. Depuis, je ne peux plus voir ce spot de publicité sans penser aux MST.

je suis tellement drôle au fond de moi-même

 

…………………..

Conversation avec le Geek :

Je regarde une émission recommandée par l’Académie Française (Top Chef ) et le Geek fait vaguement sa comptabilité (il recense les justificatifs manquants en se demandant où ils peuvent bien être)

Une publicité interrompt ma réflexion intellectuelle (je mangerais bien un risotto).

Une jeune femme, avocate comme le précise le sous titre, explique qu’elle recherche un compagnon fidèle et attentif.

Sans même relever le nez, le Geek lache :

- Ouais, et bien, prends un chien.

J’ame bien les publicités pour les sites de rencontre en fait. Surtout avec des mauvais esprits.

30 millions d’amis, et des marseillais

Un soir, devant le rayon fruits et légumes d’un supermarché fréquenté (sans joie) par la Romantique, des voix viriles s’élèvent, jusqu’à couvrir le brouhaha ambiant :

-          Oh, on te voit, dimanche ?

-          Et, bien sûr. J’amène mon chien.

-          Ton chien ? ton bâtard, voui.

-          Bâtard ? qué BATARD* ! Té, c’est un pur sang !

-          Un pur sang ? c’est pas une truffe qu’il a ton chien, c’est un groin !

-          Un GROIN*  ?! tu plaisantes pas un peu là, dis, oh.

En assistant à une telle scène, la Romantique nouvellement arrivée à Marseille se serait dit : « Mon Dieu, ils vont en venir aux mains. En plus, tous les marseillais sont armés. Cela va être un bain de sang. »

La Romantique d’aujourd’hui, habituée aux scènes publiques phocéennes, a continué d’étudier la composition du beurre demi sel en se faisant la réflexion « Tiens, voilà 2 bons copains »

Et, en effet, après des échanges de haut vol sur la vie sexuelle de leurs mères respectives, et les pratiques reproductrices de leurs chiens, les 2 compères se sont séparés en se donnant de grandes claques dans le dos.

 

* Il est à noter que les marseillais savent en effet prononcer des mots en majuscules. Cette pratique latine n’existe qu’à partir d’Avignon.

But, why?

L’année 2012 est décidemment une année pleine de bouleversements.

Le dimanche soir, je regarde souvent « Inspecteur Barnaby » : une série pleine de violence et de fureur, dans un cadre apocalyptique et une ambiance où le glauque le dispute à l’horreur.

Causton, le Bronx anglais, où le danger rôde derrière chaque scone

Je profite en fait de la faiblesse du Geek qui prépare sa semaine en tapotant sur son ordinateur avec un air concentré, et qui me laisse la direction de la télécommande. Néanmois, il ne m’épargne pas ses remarques toujours constructives :

- Non mais, n’importe quoi, tu regardes encore cette espèce de Derrick anglais ?

Genre il ne boit que du thé ton flic ?

A chaque fois, je m’imagine, élégante exilée volontaire, dans cette campagne anglaise idyllique, en train d’écrire le nouveau « Orgueil et préjugés ». Mais sans les meurtres. Cela va de soit.

Ainsi, la semaine dernière, armée d’un fer à repasser et bataillant avec une pile de linge qui tanguait dangereusement, j’ai sélectionné la 3, puis…

Horreur, malheur et déconvenue, Barnaby n’était plus Barnaby. What ? For God sake ? Am I dreaming ?

Je sais, je suis vulgaire, mais mes pensées s’entrechoquaient.

Peiné par mon désarroi (et espérant bien que ses chemises soient repassées dans les temps) le Geek a fait des recherches, pour m’annoncer sans ménagement que le nouveau Barnaby était arrivé. Changement d’acteurs. Coup de tonnerre dans le ciel bucolique de Causton (je ne suis pas certaine qu’un ciel puisse être bucolique, mais l’image est là)

J’ai bu une tasse de thé, puis, avec un courage et un flegme britanniques, j’ai fait face à cet épisode qui remettait en cause l’ordonnancement de mon monde.

Indeed.

Daniel Craig : un homme, un vrai

Ma romantique a un gros point faible : c’est la réincarnation d’une marmotte. Personnellement, je suis la réincarnation d’un ours (qui aurait oublié qu’il était bouddhiste il y a longtemps) en pleine hibernation.
Ce qui donne des matins très « à fond la forme » « au fond du lit » chez nous.

Mon truc d’ours pour me réveiller, c’est de parler. À ma marmotte romantique en l’occurrence. Et ce matin,  je parlais de cinéma. Ou de seins. Bref, ma marmotte me coupe la parole, et me balance : « J’ai vu la photo de Daniel Craig en maillot de bain au bord de la piscine. C’est assez motivant comme photo. Je dis ça je dis rien. »
Comme à chaque fois que l’on parle de Daniel Craig, je lui coupe à mon tour la parole et lui envoie : « Ah bah oui, c’est sûr, avec Photoshop, c’est facile d’avoir des muscles ». Ma marmotte rigole dans sa couette : « va voir sur internet, et on en discute au petit dèj. ».

Autant vous dire qu’au petit dèj, l’ours était plongé dans ses céréales.

 

La fameuse photo (légendée par un ours jaloux)

Daniel, c’est peut-être un homme un vrai, mais il faudrait qu’il s’achète des maillots à sa taille. Non mais.

Et s’immerger dans le Gange

Quand le Geek m’a dit qu’une administration (qui commence par UR et finit par SAF) le poursuivait, qu’il était une victime d’une cabale obscurantiste, je lui ai rétorqué qu’il n’avait qu’à classer ses documents, et répondre dans les temps.

Quand le Geek a commencé à déchirer les courriers de relance, puis à les manger en hurlant que personne ne le comprenait, j’ai trouvé que l’histoire commençait à prendre des proportions inquiétantes.

Quand le Geek s’est mis à sangloter en m’expliquant que désormais les bureaux de Paris ET Marseille le poursuivaient, et qu’il envisageait de se retirer dans un ashram indien, j’ai décidé de prendre le relais.

Calme et ordonnée, j’ai étudié le dossier papier, l’ai classé, fait des pochettes, mis des jolies étiquettes de couleurs. J’ai réalisé qu’on lui réclamait des sommes indues. Légèrement condescendante, j’ai expliqué au Geek qu’un bon classement était la clef du succès. Il a allumé un bâton d’encens, et m’a souhaité bonne chance.

En août, je me suis donc rendue 3 fois dans les locaux de ladite administration. J’ai rencontré 6 conseillers différents, expliqué 10 fois la même chose, et obtenu 3 réponses différentes. La principale étant que « Paris avait transmis les dossiers à Marseille, mais que c’est bien connu, à la capitale, ils s’en foutent de la province ».

Je commençais à trouver que mon joli dossier se fanait. Mais un jour, un conseiller m’a fait une attestation, mettant fin à une situation ubuesque. L’administration avait compris, et laisserait le Geek en paix. Je suis revenue, auréolée de succès. Mais le Geek a haussé les épaules, et caressé son collier de fleurs en murmurant « le chemin est long »

Quand en septembre, le Geek a reçu une relance, j’ai tiqué. Je suis retournée dans les bureaux, où il m’a été expliqué qu’il s’agissait d’une bête erreur informatique, que la situation avait bien été réglée, mais que le courrier était parti, généré de manière automatique. J’ai essayé de sourire, envahie par un doute affreux.

Quand en octobre, Paris ET Marseille ont envoyé des relances, j’ai vaillamment caché mes larmes. Je suis retournée voir mes connaissances de l’administration, qui gentiment, avaient baptisé un des sièges de la salle d’attente à mon nom. J’ai demandé des nouvelles de la famille, puis j’ai été reçue par un conseiller que je ne connaissais pas. J’ai diffusé mon message pré enregistré, et ai produit l’attestation prouvant l’erreur quasiment judiciaire dont j’étais victime. Mon nouvel ami n’a pas compris cette relance. Je l’écoutais à peine. Je pensais au Taj Mahal.

En novembre, dans un élan d’optimisme, j’ai envoyé copies de l’Attestation à Paris ET Marseille, afin que quelqu’un quelque part comprenne que les sommes réclamées étaient indues. Quand les courriers de relance sont arrivés, je n’ai pas ouvert les enveloppes, et suis retournée dans mon nouveau foyer administratif. Je me suis assise sur mon siège, j’ai appris que le petit dernier avait la rougeole, puis j’ai regardé d’un œil vide une énième conseillère . Jeune, et dynamique, elle m’a expliqué que tout allait être résolu, et que nous étions sur la bonne voie. J’ai pleuré devant cette tendre naïveté, et lui ai laissé les enveloppes intactes.

En décembre, j’ai ramené mes courriers du mois. A l’accueil, nous avons discuté sapin et cadeaux, le petit dernier s’étant bien remis de sa rougeole. Pendant ce temps, les conseillers tiraient à la courte paille pour savoir qui me recevrait. Ce dossier était devenu tabou entre le Geek et moi : celui-dont-on-ne-parle-pas.

La prochaine fois, j'utiliserai ce chaton pour les apitoyer. Arme fatale.

Nous sommes en janvier, et bientôt, j’irai présenter mes vœux, et mes relances mensuelles.

C’est bon d’avoir des amis fidèles. Cela me fera de la peine de ne plus les voir quand nous serons en Inde.

Esprit de Famille

Noël est toujours une période intense (épuisante) de réunion familiale (Montaigu et Capulet) de joies (la gastro) et de cadeaux (tu as déjà un mixer ?)

Le Geek et moi avons également pu mener une étude sociologique.

Ainsi, la Famille Geek est celle où « personne n’écoute personne », et la famille Romantique celle où « personne ne se trouve en même temps dans la même pièce »

 

Exemples de conversations qui donnent de l’hypertension :

Maman Romantique : On va pouvoir déjeuner. Oh, j’ai oublié de préparer une lessive. J’y vais, et je reviens vite.

Frère Romantique : Il n’y a aucun rapport, mais j’ai lu une super biographie de Staline. Attends, je vais chercher le bouquin et vous lirai quelques passages.

La Romantique (qui avait eu du mal à se séparer de son livre) : Bon, puisque personne n’est prêt à déjeuner, je vais finir mon chapitre.

Le Geek se retrouve ainsi, seul, assis à une table désertée par les courants d’air. C’est généralement à cet instant qu’il se met à hurler que la famille Romantique est dysfonctionnelle et qu’il faudrait les enfermer pour créer les conditions d’une réunion de famille, et autres insanités.

C’est également à la fin de sa diatribe que Maman Romantique revient et  regarde sa fille comme si elle avait épousé Landru, tandis que Frère Romantique lit à voix haute un passage dégoutant sur les tortures staliniennes.

Le Frère finissait de lire une biographie de Mao

 

…………………………….

 

 

 

 

Maman Geek : On a vu un joli film, mais je ne me souviens plus du titre. Un petit film français… dans un port …

Le Geek : Angèle et Tony.

Maman Geek : On a pourtant beaucoup aimé.

Le Geek (un peu plus fort) : Angèle et Tony, M’am !

Frère Geek : Au fait, ça me fait penser, on a regardé « La Grande séduction ».

Le Geek (énervé) : MAMAN, tu m’écoutes ?

Maman du Geek : Oui je t’écoute. Mais je te passerai le journal quand j’aurai fini cet article.

Le Geek (totalement ulcéré): Le film dont tu parles ! C’est Angèle et Tony !

Frère du Geek : En tous cas, « la Grande séduction » est un film génial.

A ce point de la « non conversation », le Geek souffle, lève les yeux au ciel, et foudroie du regard la Romantique qui rit depuis un bon moment déjà. Jusqu’à ce que Maman Geek lui demande ce qu’il a à râler de la sorte.

Paroles, paroles, paroles